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F.P. Journe

Le temps lui donne raison



F.P. Journe

Depuis plus trois décennies, François Paul Journe construit pas à pas et avec une consistance jamais démentie une horlogerie néo-classique dont les mots d’ordre sont équilibre, harmonie, rigueur, lisibilité, fruits d’une cohérence absolue entre le dehors – esthétique - et le dedans - technique. Le temps lui donne raison.

L’aventure horlogère de François-Paul Journe a publiquement démarré il y a presque 35 ans, en 1991 sur le stand bâlois de l’Académie des Horlogers Créateurs Indépendants (AHCI), quand il y a exposé son premier tourbillon, intégralement réalisé à la main. Depuis lors, il n’a cessé « de faire et refaire la même montre », comme il l’expliquait à Europa Star quelques années plus tard, en 2003, alors qu’il était devenu FP Journe, invenit et fecit. Pour appuyer son propos, il nous avait alors montré une nappe en papier de bistrot, précieusement encadrée, sur laquelle, en 1994, il avait dessiné tout son avenir. « Regardez, nous disait-il alors, tout est là. J’y ai dessiné pour mes amis tout ce que j’allais faire en horlogerie. Regardez-bien… ici c’est la Résonnance, là l’Octa, là la Réserve de Marche, là encore le Calendrier… Toutes les idées sont là, tous les futurs développements sont esquissés…».

F.P. Journe
François Paul Journe

Cette petite anecdote n’est pas si anodine qu’elle pourrait paraître car on y trouve sans doute la raison pour laquelle l’horlogerie de François-Paul Journe a traversé sans prendre une ride les turbulentes et excessives deux dernières décades. Contre vents et marées, Journe a poursuivi avec une constance inébranlable son propre « programme » stylistique et horloger, sans jamais céder aux tendances exubérantes et aux exagérations formelles et démonstratives qui ont dominé la scène horlogères. Sa « résilience » trouve là sa source.

Première tourbillon – 1983

Première tourbillon – 1983

Harmonie formelle et fonctionnelle

On peut qualifier sans prendre de risques son horlogerie de « néo-classique » en raison de sa recherche d’une certaine harmonie stylistique, d’un équilibre formel et fonctionnel dans lequel, comme en architecture classique, l’extérieur exprime avec fidélité l’intérieur, tout comme l’intérieur s’ordonne en fonction de l’extérieur.

Dans un monde horloger sans cesse à la recherche de coups d’éclat (on dirait aujourd’hui chercher à tout prix à faire le buzz) François-Paul Journe, lui, n’a fondamentalement jamais varié ni ne s’est écarté du chemin qu’il s’est si tôt tracé. Son approche est restée semblable à elle-même. Elle commence toujours sur le papier et la première chose que Journe dessine est… le cadran. Non pas que ce soit le « design » ou la seule apparence qui commande : ce qu’il recherche ainsi est ce qu’il nomme « l’équilibre » de la montre. Il nous expliquait en 2003 ce qui reste toujours valable aujourd’hui : « Je sais où je veux aller, je connais les fonctions que je veux donner à la montre, j’ai posé les principes techniques que je veux suivre, mais tout débute par le cadran. Je commence par dessiner les aiguilles des heures et des minutes puis les fonctions que je veux intégrer à la montre. Je recherche avant tout l’harmonie générale du cadran car à mes yeux le cadran doit être l’expression directe du contenu intérieur de la montre. L’harmonie que je recherche est dès le départ stylistique et technique à la fois. Il ne s’agit pas de faire joli, mais plutôt de trouver ce que la montre veut dire et comment elle peut le dire. Il n’y a pas d’un côté l’extérieur et de l’autre l’intérieur. Une montre est un tout cohérent et elle n’a qu’une seule façon de l’exprimer, une expression qui est la montre en-soi. »

Chronomètre à Résonance
Chronomètre à Résonance
Chronomètre à Résonance
Chronomètre à Résonance
Chronomètre à Résonance
Chronomètre à Résonance
Octa Calendrier
Octa Calendrier
Tourbillon des 30 ans
Tourbillon des 30 ans
Tourbillon Souverain
Tourbillon Souverain

Environ 25 modèles différents plus tard (sans compter les déclinaisons de matériaux), cette approche rigoureuse n’a pas varié d’un pouce. La constance de ses codes esthétiques et techniques explique parfaitement la qualité « intemporelle » de son horlogerie que l’on peut d’ores et déjà qualifier de classique de notre temps. Lui-même qualifie parfois ses montres « d’outils » car la lisibilité des fonctions et des affichages, la simplicité d’usage, l’aisance du porter et l’utilité concrète pour le porteur restent des valeurs cardinales de son horlogerie.

L’Octa Quantième Perpétuel à saut instantané

Une de ses dernières-nées, qui est désormais disponible dans les boutiques F.P. Journe (Genève, Paris, Tokyo, New York, Los Angeles, Miami, Hong Kong, Pékin, Boca Raton, Beyrouth et bientôt Kiev), ne déroge pas à cette règle. D’emblée, à la seule vision de son cadran, on comprend tout de son nouveau Quantième Perpétuel à saut instantané: un équilibre formel parfait au service de la de la lecture optimale des fonctions.

Ce nouveau Quantième Perpétuel à saut instantané – 9ème création à prendre place dans la collection Octa - se distingue esthétiquement de la plupart des autres quantièmes perpétuels du marché par ses guichets à grande ouverture pour le calendrier des jours et des mois et par sa grande date à double guichet – une spécificité que l’on retrouve dans nombre d’autres modèles de F.P. Journe.

Du coup, la lecture de l’heure et des indications calendaires perpétuelles, rigoureusement ordonnancées, se fait sans aucune confusion et avec la plus grande clarté. La simplicité d’usage est aussi une des qualités primordiales de ce garde-temps. Un point essentiel quand l’on sait que le réglage des calendriers perpétuels s’apparente souvent à un casse-tête et que, pour la plupart, il est strictement prohibé d’interagir au passage de minuit. Ici, les corrections se font toutes par la couronne à trois positions, à l’exception de la correction rapide des mois qui se fait par l’entremise d’un petit levier correcteur dissimulé à 1h sous la corne. Le porteur peut intervenir quand bon lui semble, à n’importe quelle heure sans aucune restriction. Nul besoin donc de recourir à un outillage et à des correcteurs, entraînant le risque de griffer ou d’abimer le boîtier. Le passage des mois de 28, 29, 30 ou 31 jours, se fait automatiquement, avec reconnaissance des années bissextiles indiquées au centre du cadran, sous les aiguilles des heures et minutes (les années 1, 2 et 3 sont indiquées en noir, l’année bissextile L, pour Leap year, est indiquée en rouge).

Pour emporter ces fonctions et indications à saut instantané et simultané qui s’effectue en un 16/1000e de seconde (un réglage qui, soit-dit en passant, a demandé à François-Paul Journe de nombreuses semaines voire des mois d’essais et d’ajustements car les grands guichets demandent d’utiliser de grands disques plus lourds à entraîner) l’horloger a utilisé pour base son calibre Octa exclusif 1300.3. Ce calibre automatique en or rose 18 ct a été spatialement conçu dès le départ pour pouvoir y insérer aisément toutes les complications présentes et à venir de la ligne Octa. Son rotor décentré en or rouge 22 ct monté sur un système de roulement à billes autobloquant à remontage unidirectionnel, sensible au moindre mouvement du poignet, procure un remontage optimisé du barillet à bride glissante qui offre à la montre une réserve de marche de plus de 120 heures effectives. L’indication de réserve de marche par aiguille apparaît sur le cadran à 9h. Disponible en platine ou en or rouge 18 ct, sur 40 ou 42 mm de diamètre avec cadran en or rouge ou blanc vissé par un cerclage en acier avec tour d’heures en argent, le Quantième Perpétuel à saut instantané vient remplacer l’Octa Calendrier avec calendrier annuel qui devient ainsi un modèle de collection.

Image et patrimoine

C’est la coutume, chez F.P. Journe, de supprimer ainsi systématiquement la production d’un calibre existant lors de la création d’un nouveau modèle. Avec une production limitée à 900 montres par an, F.P. Journe a toujours eu pour principe de se cantonner à un nombre limité de ses séries successives et de ne jamais produire de montres supplémentaires, même en cas de très forte demande. Pour donner corps et consistance à ce principe, la Manufacture F.P. Journe a récemment lancé un nouveau service qui propose à ses collectionneurs des montres rares sorties de production. Selon les – rares - opportunités qui se présentent, et après étude attentive menée personnellement par François-Paul Journe des offres proposées lors des ventes ou directement, la Manufacture rachète des pièces, les remet entièrement à neuf dans ses ateliers avant de les proposer à ses plus fidèles clients dotées d’une nouvelle garantie de 3 ans.

Aux yeux de François-Paul Journe, il s’agit ainsi avant tout de préserver son patrimoine, de renforcer la confiance et de contrôler au plus près son image et son authenticité. Une démarche originale qui est à rapprocher de sa volonté farouche de contrôler strictement sa distribution. « Alors qu’aujourd’hui vous trouverez facilement des montres de prestige cédées avec des rabais avoisinant les 40 ou 50%, vous ne verrez jamais une de mes montres à un prix discount. J’ai mis plus de 20 ans à construire mon image et je ne vais pas la casser au premier coup de vent. A mes yeux, une bonne part de la crise actuelle est due à l’aveuglement et à l’avidité de nombre de grandes entreprises horlogères. Elles paient aujourd’hui pour leurs récents excès » Tout comme il n’a jamais cédé aux modes successives rencontrées au cours de ces dernières décennies, François-Paul Journe ne cèdera pas sur ce point. Le temps lui donnera raison – il le lui a déjà donné.