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Le nouvel oxymore d’Audemars Piguet

VISITE GUIDÉE DU MUSÉE ATELIER

septembre 2020


Le nouvel oxymore d'Audemars Piguet

Le nouveau Musée Atelier d’Audemars Piguet est très précisément un oxymore. Il allie le solide et traditionnel bâtiment originel d’Audemars Piguet, construit en 1868, et une spirale de métal et de verre à l’allure futuriste.

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ebastian Vivas, directeur Musée et Patrimoine d’Audemars Piguet et rédacteur du concours d’architecture lancé en 2013, a un mot en bouche, qu’il aime à répéter : «oxymore». L’oxymore est une figure de la réthorique qui allie des contraires, comme l’indique parfaitement son nom même : du grec oxus, «pointu», et môros, «émoussé». En juxtaposant des termes antithétiques, l’orateur cherche à suggérer une image forte et surprenante.

Le nouveau Musée Atelier d’Audemars Piguet est très précisément un oxymore. Il allie le solide et traditionnel bâtiment originel d’Audemars Piguet, construit en 1868, et une spirale de métal et de verre à l’allure futuriste. Mais il ne faut pas voir là un simple fantasme d’architecte. Cet oxymore architectural «crée une image forte et surprenante» qui correspond étroitement à la nature même d’Audemars Piguet, une marque fortement ancrée dans la tradition horlogère de la vallée de Joux, l’un des berceaux des complications, mais capable de ruptures décisives, comme l’a notamment démontré la Royal Oak qui, au début des années 1970, a choqué, surpris, avant de devenir l’icône horlogère que l’on sait.

Le nouvel oxymore d'Audemars Piguet

Imaginée par BIG (Bjarke Ingels Group), le studio qui a remporté le concours d’architecture, la spirale du Musée Atelier s’insère à la fois dans le bâtiment originel de 1868 et dans le siège de la marque, construit en 1907, agrandi à plusieurs reprises et qui est le signe identitaire de la maison et son accès principal. Pour accéder au Musée Atelier, il faut passer par ce bâtiment emblématique.

Le nouvel oxymore d'Audemars Piguet

Le nouvel oxymore d'Audemars Piguet

Le fer, la géographie, les gens

Après avoir traversé un vaste espace d’accueil, on est reçu, à l’entrée de la spirale, par... un morceau de fer. Il provient d’une très ancienne mine de la grande forêt du Risoud, qui surplombe la vallée de Joux. Car tout ici a commencé par le fer et la métallurgie. Sans cette présence du fer, sans doute que jamais l’horlogerie ne se serait développée dans ces lieux reculés, à la nature hostile.

Des lieux qu’une maquette en relief nous détaille, montrant l’emplacement géographique de la Vallée dans la Suisse romande, le «chemin des horlogers» qui autrefois la reliait à Genève d’où les montres, qui, l’hiver, descendaient par traîneaux à neige jusqu’au bord du lac Léman, partaient pour le monde entier. Puis, la maquette s’anime, tourne sur elle-même et révèle plus en détail la Vallée elle-même.

La géographie, le fer issu de cette terre, rappellent ainsi opportunément que l’horlogerie n’est pas un art hors sol. Que les conditions de sa naissance et de son développement ont partie étroitement liée avec des lieux précis et avec leurs caractéristiques particulières.

Mais il n’y a pas que la géographie qui compte, il y a aussi - surtout - les gens, les habitants de ce sol. La force de l’horlogerie, sa légitimité tient à sa longue histoire. C’est celle d’une transmission des savoirs et de leur approfondissement d’une génération à l’autre.

C’est ce que rappelle opportunément une imposante installation, semblable à un arbre de métal sur lequel sont suspendues des centaines de petites plaquettes qui détaillent les générations successives des grandes familles horlogères qui se sont succédées dans la Vallée. Issue de la recherche d’un généalogiste, cette installation nous fait comprendre combien et comment l’horlogerie a cheminé au cours de plusieurs siècles pour aboutir à la forme qu’elle a prise aujourd’hui.

L'arbre généalogique des familles de la vallée de Joux
L’arbre généalogique des familles de la vallée de Joux

La famille, véritable courroie de transmission

Parmi ces familles de la Vallée, on retrouve bien évidemment les lignées des Audemars et des Piguet, à qui, aussitôt après l’arbre généalogique, il est rendu hommage à travers des pièces exceptionnelles qui jalonnent leur histoire. A commencer par la pièce la plus ancienne de la vallée de Joux, une «montre de maîtrise» de Joseph Piguet, datée de 1769, soit plus d’un siècle avant la naissance des ateliers du Brassus en 1875.

Cette montre de poche est présentée lors du début de la visite et est actuellement la montre la plus ancienne exposée dans le Musée Atelier Audemars Piguet. Elle a été réalisée par Joseph Piguet en 1769 pour marquer la fin de son apprentissage et son entrée dans la Corporation des Horlogers de la vallée de Joux, et n'a depuis lors, jamais quitté la famille. Elle appartient aujourd'hui à Olivier Audemars, l'arrière-arrière-arrière-petit-fils de Joseph Piguet.
Cette montre de poche est présentée lors du début de la visite et est actuellement la montre la plus ancienne exposée dans le Musée Atelier Audemars Piguet. Elle a été réalisée par Joseph Piguet en 1769 pour marquer la fin de son apprentissage et son entrée dans la Corporation des Horlogers de la vallée de Joux, et n’a depuis lors, jamais quitté la famille. Elle appartient aujourd’hui à Olivier Audemars, l’arrière-arrière-arrière-petit-fils de Joseph Piguet.

L’importance des familles, voire des dynasties horlogères, est d’autant plus centrale qu’à ces époques héroïques les artisans de la Vallée travaillaient ensemble, en réseau, dirait-on aujourd’hui. C’est ce qu’on appelle «l’établissage». Et l’on peut affirmer ainsi qu’Audemars Piguet est proprement né de ce dense réseau de compétences croisées qui irriguait la vallée de Joux.

On peut ainsi admirer des pièces créées par Louis Audemars, un grand spécialiste des complications qui produisait des ébauches et des montres pour  Breguet, Oudin, Leroy, les grands horlogers de l’époque.

Autre figure marquante, Louis-Elisée Piguet (1836-1924), spécialiste des Grandes Sonneries et dont le chef d’œuvre, l’Universelle, est exposé dans la spirale. Petite précision au passage, qui en étonnera plus d’un: jusque dans les années 1950, Audemars Piguet, fondée officiellement en 1875 par Jules Louis Audemars et Edward Auguste Piguet, ne produira quasiment que des pièces uniques.

L’art des échappements

En légère pente douce, on progresse pas à pas dans la spirale dont le parcours en toute fluidité est délimité par des grandes baies vitrées courbes qui laissent découvrir l’intégralité de l’espace tout en orientant le cheminement à l’intérieur de cette structure lumineuse et transparente.

Le cheminement à l'intérieur de la spirale et de la maison originelle d'Audemars Piguet
Le cheminement à l’intérieur de la spirale et de la maison originelle d’Audemars Piguet

Ce ne sont donc pas des «salles» qui se succèdent mais des sections thématiquement dédiées qui s’ouvrent naturellement les unes sur les autres. Chacune de ces sections est introduite par un élément sculptural et didactique, animé, avec lequel le visiteur peut interagir.

Après avoir admiré les chefs-d’œuvre fondateurs du passé, voici que l’on aborde le chapitre de la technique qui a permis leur réalisation. Cette section est introduite par un grand automate imaginé par François Junod, un des grands maîtres de cette science mécanique, à laquelle il a su donner fantaisie et humour. La sculpture en forme de maquette de mouvement, animée et interactive, introduit le visiteur aux mystères mécaniques de l’énergie et de sa régulation.

La régulation de l’énergie, clé de voûte de l’art horloger est ensuite exposée au visiteur avec des exemples concrets qui détaillent son évolution. On peut ainsi parcourir son histoire depuis les premiers échappements à verge jusqu’à un double balancier squelette contemporain, en passant par les échappements Robin, à cylindre, à ancre suisse, à détente, à tourbillon ultra-plat, à impulsion directe...

De quoi pouvoir aborder avec une meilleure compréhension la section suivante, dédiée aux diverses complications.

Au cœur de l’entreprise, au cœur du musée

Chacune des sections suivantes détaille les complexes subtilités de la mesure du temps à l’aide d’exemples de montres produites par Audemars Piguet au cours de son histoire.

On commence ainsi par les montres à calendrier, introduites par un démonstrateur qui explicite les «imprécisions» des différents calendriers : normal, annuel, perpétuel. Une thématique illustrée notamment par des montres de poche à calendrier perpétuel, la première montre-bracelet à calendrier complet (jour, date, mois), la première montre-bracelet à calendrier perpétuel avec indication de l’année bissextile (1955), jusqu’à la Royal Oak Quantième Perpétuel Automatique Ultra-plat qui, avec son mouvement de 2,89 mm d’épaisseur et sa boîte haute de 6,3 mm, est la montre-bracelet automatique quantième perpétuel la plus fine au monde.

La Royal Oak Quantième Perpétuel Automatique Ultra-plat
La Royal Oak Quantième Perpétuel Automatique Ultra-plat

Autre section, celle des montres à sonnerie. Le visiteur peut d’abord s’initier à transformer la mesure des heures, quarts et minutes en sons grâce un démonstrateur. Il lui «suffira» de frapper un gong en rythme pour indiquer ainsi acoustiquement le temps. L’exercice paraît simple mais, de toute évidence, s’avère plus complexe qu’on l’imaginait.

Après cet exercice pratique, il peut admirer nombre de réalisations de cet art délicat, mêlant science acoustique et science mécanique. Parmi celles-ci, on remarquera de minuscules répétitions dame, arborant toutes les formes, pendentifs, broches, savonnettes, jusqu’aux montres bracelet.

S’ensuit une section consacrée aux chronographes, elle aussi introduite par un démonstrateur qui fait entrevoir la complexité de ces mécanismes destinés à mesurer les temps courts. Mais si aujourd’hui le chronographe semble être une réalisation relativement «banale» aux yeux de beaucoup, il convient de se rendre physiquement compte de la complexité requise pour sa maîtrise absolue. L’histoire du chronographe est celle d’une conquête progressive, faite d’une suite d’améliorations de détail, de perfectionnements de mécanismes.

Audemars Piguet, d’ailleurs, n’en n’avait réalisé que très peu de pièces avant les année 1980 (précisément 307 montres-bracelet avant cette date mais c’est sans compter avec les nombreuses montres de poche car, contrairement aux montres-bracelet, les variations de complications dominaient depuis les 19ème siècle). Et, depuis lors, en a présenté de nombreux, de plus en plus perfectionnés. Un des exemples contemporains les plus aboutis y figure. Présenté en 2015, la Royal Oak Concept Laptimer Michael Schumacher est un des chronographes mécaniques les plus évolués qui soient.

La Royal Oak Concept Laptimer Michael Schumacher est le premier chronographe mécanique au monde doté d'un système de chronométrage de temps au tour consécutif en alternance, avec fonction flyback, imaginé et conçu spécialement pour mesurer les temps en continu sur le circuit. Le poussoir situé à neuf heures permet d'arrêter l'une des deux aiguilles du chronographe, et de remettre simultanément l'autre à zéro en la redémarrant. Ainsi, le chronométrage du tour suivant commence avant même que l'on ait fini de relever le temps précédent. Cette montre permet ainsi de se passer du système à deux chronographes ou plus, en simplifiant le procédé par l'utilisation d'un seul et même chronographe de poignet. La montre peut également conserver un temps de référence spécifique: il suffit de stopper une aiguille avec le poussoir à neuf heures, et d'utiliser ensuite le poussoir du flyback à quatre heures pour remettre l'autre aiguille à zéro et lancer le chronométrage d'un nouveau tour. Enfin, la montre peut être utilisée comme un chronographe flyback classique en faisant fonctionner les deux aiguilles simultanément.
La Royal Oak Concept Laptimer Michael Schumacher est le premier chronographe mécanique au monde doté d’un système de chronométrage de temps au tour consécutif en alternance, avec fonction flyback, imaginé et conçu spécialement pour mesurer les temps en continu sur le circuit. Le poussoir situé à neuf heures permet d’arrêter l’une des deux aiguilles du chronographe, et de remettre simultanément l’autre à zéro en la redémarrant. Ainsi, le chronométrage du tour suivant commence avant même que l’on ait fini de relever le temps précédent. Cette montre permet ainsi de se passer du système à deux chronographes ou plus, en simplifiant le procédé par l’utilisation d’un seul et même chronographe de poignet. La montre peut également conserver un temps de référence spécifique: il suffit de stopper une aiguille avec le poussoir à neuf heures, et d’utiliser ensuite le poussoir du flyback à quatre heures pour remettre l’autre aiguille à zéro et lancer le chronométrage d’un nouveau tour. Enfin, la montre peut être utilisée comme un chronographe flyback classique en faisant fonctionner les deux aiguilles simultanément.

100 ans de Grandes Complications

Au gré de la promenade contemplative - et tout autant interactive - on parvient dans l’espace des Grandes Complications. Comme en rappel des cycles astronomiques à l’origine de l’histoire de l’horlogerie, les montres à complications sont présentées dans des vitrines sphériques, inspirées du système solaire. Au centre de la spirale, on aboutit à la montre la plus complexe jamais réalisée par Audemars Piguet, l’Universelle de Louis-Elisée Piguet.

Ce garde-temps, un des plus complexes de son temps avec ses 21 complications, a été finalisé par Audemars Piguet en 1889 à partir d’une ébauche de Louis Elisée Piguet, puis livré à la marque Union Glashütte de Dresde, qui en avait assuré la finalisation de la décoration et l’emboîtage (dues ans de travail), pour la commercialiser sous son nom en 1901. Son mouvement comporte 1’168 composants et affiche quantième perpétuel, répétition minutes avec carillon, grande et petite sonnerie, chronographe à rattrapante, 1/5es de seconde volants avec système de remise à zéro, seconde morte et mécanisme d’alarme à la minute.

L'Universelle de Louis Elisée Piguet, recto
L’Universelle de Louis Elisée Piguet, recto

L'Universelle de Louis Elisée Piguet, verso
L’Universelle de Louis Elisée Piguet, verso

Autour de cet astre, gravitent sept montres de poche et une montre-bracelet qui toutes affichent les mêmes fonctions, soit calendrier perpétuel, répétition minutes, chronographe à rattrapante, phase de lune et petite seconde. Elles datent de 1882 à 1996, donc plus de 100 ans d’horlogers à leur établi. Autant de générations en train de perfectionner, miniaturiser, assembler les innombrables composants qui tous doivent interagir pour afficher mécaniquement et simultanément le plus grand nombre de mesures du temps.

Grande Complication, mise en fabrication estimée à 1882. Montre vendue en 1885.
Grande Complication, mise en fabrication estimée à 1882. Montre vendue en 1885.

Grande Complication Calibre 18SMCRV. Mouvement mis en fabrication en 1912. Montre vendue à Gübelin en 1922.
Grande Complication Calibre 18SMCRV. Mouvement mis en fabrication en 1912. Montre vendue à Gübelin en 1922.

Jules Audemars 25984 Grande Complication en or rose. 1996.
Jules Audemars 25984 Grande Complication en or rose. 1996.

«Enfin, voilà cette cadrature faite...»

«Enfin, voilà cette cadrature faite après deux mois de tourments et la tête et les yeux abimés. Je n’en referai pas une pareille pour je ne sais quel prix!»

Le 19 novembre 1921
Meylan Grosjean

C’est un extrait du billet qu’a écrit l’horloger qui vient de terminer, en 1921, la montre à répétition 5 minutes la plus petite au monde, dont le diamètre est de 15,8 mm!

Avec l’horlogerie, on est dans l’univers de la miniaturisation. Cette course au plus petit possible nous est introduite par une... longue vue. Un clin d’œil qui fonctionne parfaitement et nous fait saisir aussitôt, en contemplant un minuscule composant au bout de cette jumelle, le vertige qu’il y a à travailler dans de telles dimensions réduites.

Il en va de même avec l’aventure de l’extra-plat, ce rêve d’horloger que de parvenir à loger dans l’espace le plus mince et fin possible le nombre de composants le plus élevé possible, comme avec ce Quantième Perpétuel à remontage automatique de 1978, alors le plus plat au monde, doté d’un calibre (2120/2800) de 3,95 mm d’épaisseur, que la Manufacture livre au plus fort de la crise du quartz.

Quantième Perpétuel automatique de 1978
Quantième Perpétuel automatique de 1978

Les Ateliers dans la spirale

Logés dans un des bras de la spirale qui donne directement sur le paysage ouvert de la Vallée, sur la nature qui semble intacte, quasiment semblable à celle qu’elle était aux siècles passés, des artisans, des horlogers œuvrent au sein du Musée.

Contrairement à de nombreux autres exemples, ces ateliers intégrés au Musée ne sont pas un lieu de démonstration, mais bel et bien des espaces de travail où œuvrent des horlogers à la décoration, à la gravure, au sertissage ou encore aux Grandes Complications.

C’est donc au cœur du Musée que les Grandes Complications aujourd’hui s’assemblent, se règlent, se peaufinent. Y exercent les meilleurs horlogers complets, capables de se pencher des mois sur la même pièce (il faut compter de 6 à 8 mois d’assemblage, d’ajustage et de réglage pour une seule pièce). Méticuleux est un mot trop faible pour cet art car une grande complication se monte une première fois, s’observe dans son fonctionnement, puis se démonte entièrement pour être parfaite et remontée.

Mettre la main à la pâte

Au cours de sa ballade dans la spirale, le visiteur peut aussi s’asseoir à un établi et s’initier à quelques gestes horlogers. «Cyclope» vissé à l’œil (parvenir à coincer contre son œil cette petite loupe d’horloger est déjà un premier accomplissement...), le visiteur peut ainsi faire ses premiers pas dans ce micro-univers et s’essayer au perlage, une forme de décoration, et à simplement visser une vis. Il éprouvera alors la patience, la concentration, la méticulosité et la précision du geste nécessaires ne serait-ce que pour insérer cette minuscule vis dans son logement et la visser sans la rayer...

En relevant la tête pour souffler quelque peu dans son effort, il pourra méditer devant le paysage qui s’ouvre face à lui. La Vallée semble intouchée, la nature semblable à ce qu’elle était aux siècles passés. Mais quel destin pour ce lieu reculé et encore sauvage!

Le nouvel oxymore d'Audemars Piguet

D’ici sont partis des garde-temps parmi les petits objets mécaniques les plus complexes jamais réalisés pour essaimer à travers le monde entier. D’ici que se sont tissés au fil des décennies les réseaux locaux puis internationaux qui ont permis à cette horlogerie complexe de gagner les continents.

Et en retour, jusqu’ici sont parvenus les grands courants artistiques et esthétiques. Les modes lancées dans les capitales, le design ont transformé les formes mêmes de la montre.

Et c’est ici, dans cette Vallée si paisible et agreste, que certaines des révolutions formelles les plus marquantes de l’horlogerie sont nées.

La saga de la Royal Oak

Est-ce là l’ultime «oxymore» que nous réserve cette visite dans la spirale?

En ressortant, le visiteur se retrouve face une série de monolithes noirs qui s’ouvrent pour laisser voir une impressionnante collection de la montre Royal Oak.

Née en 1972, la Royal Oak, «première montre de luxe en acier», a connu une fortune exceptionnelle. Dessinée par le célèbre designer horloger Gérard Genta, la Royal Oak a révolutionné stylistiquement l’horlogerie. Au cours de ses quelques décennies d’existence, elle s’est déclinée sous toutes les formes, dans tous les matériaux, ouvrant de nombreuses nouvelles pistes, comme le démontrent ses déclinaisons Royal Oak Offshore et Royal Oak Concept, tout en donnant à l’horlogerie traditionnelle un sacré «coup de jeune».

En soi, la Royal Oak, à l’image du Musée Atelier, est aussi un oxymore. Issue d’une tradition horlogère séculaire, elle marque une rupture en introduisant une modernité sans concession.

Et par ailleurs, c’est sans doute grâce au succès planétaire de la Royal Oak qu’Audemars Piguet a su assurer pas à pas la verticalisation de sa production en intégrant tous les métiers de l’horlogerie et conserver ainsi son plus précieux trésor, son indépendance et son caractère toujours familial.

C’est là une des leçons les plus importantes de ce Musée Atelier à la fois patrimonial et pleinement vivant. Une leçon que son architecture innovante met en pleine lumière.

Le nouvel oxymore d'Audemars Piguet

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