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JEAN MARCEL, VERTICAL LIMIT



JEAN MARCEL, VERTICAL LIMIT

La marque familiale allemande peut compter sur ses compteurs disposés à la verticale et sa collection ultra-plate pour séduire des clients. Elle entend en effet augmenter sa notoriété à l’international. Rencontre avec le fondateur, Jürgen Kuhn.

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ontrairement à ce que son nom pourrait suggérer, la marque Jean Marcel est bel et bien allemande, plus exactement de Baden-Baden dans le sud du pays. Lancée en 1981 par Jürgen Kuhn (et baptisée du nom d’un employé originaire de Suisse romande!), elle est aujourd’hui gérée par le fondateur et son fils... Marcel. «Nous sommes issus d’une famille d’horlogers originaire de Pforzheim et mon fils, qui s’occupe du développement commercial, représente la quatrième génération Kuhn dans l’industrie horlogère», explique avec fierté Jürgen Kuhn.

Jean Marcel peut compter sur la force du marché allemand, les ventes domestiques représentant aujourd’hui 80% du chiffre d’affaires. La marque est cependant Swiss made: «Nous assemblons nos modèles en Suisse chez des partenaires, pour une production totale d’environ 3’000 montres par an, dont 80% automatique et 20% quartz. S’il y avait des calibres de qualité en Allemagne, peut-être que je me fournirais ici. Mais ETA reste très compétitif.»

Les montres de Jean Marcel intègrent une particularité qui les rendent reconnaissables du premier coup d’œil: la disposition verticale des compteurs et de la date sur le cadran, une innovation déposée et baptisée «Vertical Limit». Autre trait caractéristique et inédit: en soufflant sur le cadran des montres, la buée créée laissera apparaître le logo de la marque sur la glace. Il s’agit de la signature mystérieuse de Jean Marcel, jouant sur les différences de température!

Modèle ultrafin

«Mon objectif est de concevoir de belles montres avec une vraie valeur ajoutée. Je dessine moi-même les collections. Notre esprit, c’est la combinaison d’une compétence technique, qui ne se suffit pas à elle même, avec une esthétique, un design qui suscite du désir. Notre ambition n’est pas le volume, de passer de 3’000 à 5’000 montres en production, mais d’innover et de proposer des modèles de qualité à un prix compétitif.» Toutes les montres sont proposées en éditions limitées à 300 exemplaires.

Jean Marcel a récemment lancé une nouvelle collection intitulée Mythos, au caractère moderne et sportif, avec des insertions en carbone sur les côtés du boîtier, dont un chronographe très distinctif à 2’500 euros. La Nano est quant à elle un modèle ultrafin, qui passe sous la limite mythique des 4 mm (3.9 mm), et très léger avec glace saphir. «Nous nous fournissons en mouvements ultrafins chez Isa. Par ailleurs, je me suis inspiré de l’expérience que l’on a en ouvrant le packaging d’un smartphone pour concevoir un écrin spécial pour cette montre, d’une grande finesse et intrigante.» Cet automne, Jean Marcel lance enfin sa première collection féminine, des modèles rondes intégrant des phases de lune ou l’emploi de la nacre, mais aussi des modèles sportifs et classiques, comme sur toutes les collections, qui comptent de nombreuses déclinaisons.

JEAN MARCEL, VERTICAL LIMIT
MYSTERY EFFECT

Repartir à l’export

Si la marque s’est récemment concentrée sur le marché allemand, elle entend maintenant s’étendre à l’international. «Il y a dix ans, nous enregistrions de bons résultats aux Etats-Unis et au Moyen-Orient, mais nos partenaires ont changé de management et nous avons malheureusement perdu nos liens privilégiés sur ces marchés. Il est difficile de trouver de bons distributeurs mais ce sont à nouveau deux marchés prioritaires pour nous développer.»

Comme pour d’autres marques horlogères, la situation n’a pas été facile ces dernier temps du point de vue de la conjoncture. «Mais 2015 s’est bien passée pour nous, grâce à la solidité du marché allemand! Par ailleurs, beaucoup de compagnies ont des stocks beaucoup trop élevés et ne savent plus qu’en faire. Ce n’est heureusement pas notre cas car le sell-out est bon. Nous investissons tout le temps dans de nouvelles collections. Nous travaillons avec un grand nombre de détaillants en Allemagne, mais aussi par d’autres canaux, comme internet et la vente à la télévision, qui fonctionne bien. Aux Etats-Unis, nous sommes par exemple présent sur la chaîne Shop NBC.»

Photographie Marcel Kuhn | Arcade Europa Star