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MB&F: quand le designer était libre

octobre 2018


MB&F: quand le designer était libre

Le surnom de la nouvelle Horological Machine N°9 aérodynamique de l’horloger indépendant est la Flow. Avec sa carrosserie bombée et son profil insolite, la montre est libérée de ses carcans. Une ode à l’esprit des designers des années 1950, avant le triomphe des ingénieurs, quand l’imaginaire régnait en maître...

Dans les années 1940 et 1950, avant l’émergence des souffleries industrielles et de l’assistance par ordinateur dans le domaine de la construction mécanique, les designers étaient libres de dessiner, en amont, sans véritable contrainte technique. Charge ensuite aux ingénieurs de transformer le dessin en réalité. «Les voitures et les avions de ces années là sont somptueux, les dessins étaient réalisés à main levée, tout était possible», résume Charris Yadigaroglou, directeur de la communication de MB&F, en nous présentant la nouvelle Horological Machine N°9.

Il s’agissait alors de formes intuitives, puisque la main du dessinateur faisait tout. Depuis lors, la situation s’est inversée, avec une multitude de paramètres high-tech à prendre en compte en amont par le designer. Pourquoi ne pas revenir à l’ère de la pré-automatisation? MB&F tente l’exercice. Le surnom de sa nouvelle Horological Machine N°9 est justement la «Flow»: avec sa carrosserie bombée, son profil aérodynamique et son absence de contrainte, ainsi que son moteur qui épouse complètement la forme du boîtier, la montre elle aussi semble libérée des carcans techniques.

Il va sans dire que le calibre a été développé entièrement à l’interne...

Les deux balanciers volants sont un clin d’œil aux fameuses Legacy Machines de la marque. «Nous faisons des dessins fous, concevons des montres qui ne ressemblent pas à des montres, mais c’est bien de l’horlogerie à l’intérieur!», souligne Charris Yadigaroglou.


Plusieurs défis techniques ont été relevés. «Entre autres, nous avons intégré un système de différentiel entre les balanciers enfermés dans leur capsule, ce qui suppose une transmission d’énergie importante. Une autre complexité est l’affichage vertical de l’heure sur un mouvement essentiellement horizontal, résolu de manière optimale grâce à l’utilisation de roues coniques.»

La construction du boîtier constituait elle aussi un casse-tête. La première difficulté était de rendre le boîtier étanche: «Pour cela, nous avons adopté une construction en trois parties, au lieu de 2 habituellement: coque supérieure, coque inférieure et lunette latérale, chaque partie étant usinée et un seul bloc – et un joint breveté en trois dimensions.»

La deuxième difficulté réside dans la forme du boîtier lui-même, avec des courbes extrêmes et des angles très fins; les machines-outils traditionnelles n’arrivent pas à les traiter. Idem pour les finitions, très difficiles à réaliser de manière conventionnelle. Ce qui explique qu’une boite sur deux parte à la casse…

Cette montre de pilote est produite en deux éditions limitées de 33 pièces en titane, dans les séries «Road» avec mouvement traité or rose et cadran de style compteur de vitesse et «Air» avec mouvement noirci et cadran de style aviateur. Le prix du garde-temps est de CHF 168’000 + TVA.

SPÉCIFICATIONS TECHNIQUES

Moteur Remontage manuel conçu et développé en interne par MB&F Deux balanciers totalement indépendants avec un différentiel planétaire Fréquence du balancier: 2.5Hz (18,000bph) Barillet unique avec 45h de réserve de marche 301 composants, 44 rubis Heures et minutes affichées à la verticale

Boîtier Titane grade 5 Dimensions: 57mm x 47mm x 23mm 43 composants Etanchéité : jusqu’à 3ATM (30m); assemblé en 3 segments avec joint tridimensionnel breveté.

Verres saphir Cinq verres saphir traités avec un revêtement antireflet

Bracelet et boucle Bracelet brun en veau cousu main avec boucle déployante en titane