ondée en 2010 à Milan par Barbara Gianuzzi, Gianuzzi PR & Comunicazione s’est imposée comme une «boutique-agence» de référence dans le paysage italien des relations publiques. Forte d’une longue expérience dans la communication du luxe, sa fondatrice a su bâtir une structure agile, reconnue pour son expertise dans le service de presse, les stratégies média, les RP digitales et l’événementiel.
L’agence revendique une approche à la fois stratégique et opérationnelle. L’équipe travaille comme une extension des marques qu’elle accompagne, afin d’en comprendre en profondeur les enjeux et de proposer des solutions sur mesure. Barbara Gianuzzi a réuni une équipe de choc avec Francesca Fabris, ainsi que des membres de la nouvelle génération, Maria Leopoldina Gamper et Ginevra Alí.
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- Le kiosque récemment lancé par la boutique-agence, Mille Edicola à Milan.
Spécialisée dans l’horlogerie et la joaillerie, l’agence collabore avec des acteurs majeurs du secteur, tout en cultivant des incursions dans d’autres univers du luxe et du lifestyle. Une expertise sectorielle qu’elle met aujourd’hui au service d’une ambition claire: renforcer la visibilité des marques, notamment suisses, sur le marché italien, particulièrement en l’absence de filiale locale.
Europa Star: Quel ont été vos parcours respectifs avant de fonder et rejoindre l’agence?
Barbara Gianuzzi: Je suis dans la communication depuis mes études. J’ai étudié les relations publiques à Milan, puis j’ai commencé dans de petites agences. Mon expérience la plus marquante s’est déroulée chez Cartier, entre 2000 et 2008, où j’étais responsable des relations presse pour l’Italie. C’était une immersion totale dans le luxe, l’horlogerie et la joaillerie, les accessoires, ainsi que l’art. Cartier m’a apporté une formation exceptionnelle, avec un niveau d’exigence très élevé et une vision internationale.
Francesca Fabris: De mon côté, je viens aussi du monde de la communication. Après mes études en relations publiques, j’ai rejoint le Swatch Group, puis Fossil Group, où j’étais en charge des relations presse pour l’ensemble des marques et licences des marques de mode sur le marché italien. Cette expérience explique notre spécialisation très forte dans l’horlogerie aujourd’hui.
Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer votre propre structure?
Barbara Gianuzzi: J’ai quitté Cartier non pas par insatisfaction, mais parce qu’à un moment de ma vie, j’ai ressenti le besoin de voir autre chose. J’ai commencé comme consultante indépendante en 2008. Progressivement, les clients sont arrivés, et la structure s’est construite naturellement. Ce n’était pas une «agence» au départ, mais plutôt une extension de mon travail.
Francesca Fabris: J’ai rejoint Barbara en 2018, après onze ans chez Fossil Group. J’avais envie de changement. Nous avons fait un parcours inversé par rapport à beaucoup: passer de la société à l’agence. Cela nous donne une compréhension très concrète des besoins des marques.
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- Barbara Gianuzzi
Qui ont été vos premiers clients?
Barbara Gianuzzi: L’un de nos premiers clients était un distributeur et producteur italien de montres et bijoux qui est toujours avec nous aujourd’hui, seize ans plus tard. Ensuite, nous avons rapidement travaillé avec des acteurs très importants marques et groupes internationales. Le réseau construit au fil des années a joué un rôle clé.
Quel est aujourd’hui le profil de vos clients?
Barbara Gianuzzi: Nous sommes très ancrées dans l’horlogerie et la joaillerie. Nos relations se prolongent souvent sur le long terme, ce qui reflète la confiance que ces marques nous accordent.
Francesca Fabris: Nous comptons aussi des clients dans d’autres secteurs – design, technologie, vins, instruments d’écriture – mais l’horlogerie-joaillerie reste notre cœur de métier, à hauteur d’environ 90% de nos activités.
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- Francesca Fabris
Comment avez-vous constitué votre équipe?
Barbara Gianuzzi: Nous sommes quatre aujourd’hui. Nous avons choisi de recruter des profils jeunes. Ce qui compte pour nous, ce n’est pas l’expérience immédiate, mais l’énergie, la curiosité et la capacité à apprendre. Les relations publiques sont un métier qui s’acquiert dans la durée.
Quels services proposez-vous aujourd’hui?
Barbara Gianuzzi: Les relations presse sont le cœur de notre activité. C’est un métier à part entière, avec ses techniques, ses codes – je le considère un peu comme un savoir-faire artisanal, car cela demande des années pour être maîtrisé.
Francesca Fabris: Nous proposons aussi des RP digitales, travaillons avec des influenceurs, organisons des événements et accompagnons nos clients sur leurs plans médias. Nous sommes très concentrées sur l’Italie, car il est essentiel de comprendre la culture locale pour être efficace.
Vous définissez votre structure comme une «boutique-agence». Pourquoi?
Barbara Gianuzzi: Parce que nous sommes très proches de nos clients: nous travaillons avec eux comme de vrais partenaires stratégiques, presque comme des collègues. Et surtout, nous sommes très proactives.
Je n’aimais pas le terme «agence» au début, car il évoque souvent une posture passive – exécuter des demandes. Nous faisons l’inverse: nous proposons, nous challengeons, et parfois nous disons non. Les marques savent créer des produits exceptionnels, mais elles n’ont pas toujours les clés pour dialoguer avec la presse.
Quels types de clients souhaitez-vous attirer?
Barbara Gianuzzi: Nous souhaitons naturellement poursuivre et renforcer notre positionnement dans l’horlogerie, en capitalisant toujours davantage sur l’expérience que nous avons acquise au fil des années. Nous aimerions en particulier accompagner les marques suisses dans le développement stratégique de leur communication en Italie: un marché de référence, porté par une communauté de passionnés particulièrement exigeants et compétents, mais aussi un véritable «trend setter» capable d’influencer les dynamiques internationales du secteur. Notre ambition est de devenir un partenaire-clé pour les maisons qui souhaitent s’adresser à ce public avec justesse, crédibilité et impact.
Francesca Fabris: En parallèle, nous restons pleinement ouvertes à d’autres secteurs. Les mécaniques des relations publiques reposent sur des fondamentaux - narration, légitimité, construction de la désirabilité et gestion des relais d’influence - qui peuvent s’appliquer à des univers très variés, y compris les plus techniques.
Vous avez récemment lancé un projet original: un kiosque à Milan. Quelle est l’idée derrière cette initiative?
Barbara Gianuzzi: Nous avons racheté un kiosque au centre de Milan, Mille Edicola. Nous y proposons une sélection très pointue de magazines, livres et presse, que nous traitons comme des produits de luxe.
C’est devenu un lieu d’échanges et d’événements à disposition de nos clients, des marques de différents secteurs et des maisons d’edition. C’est une initiative unique en Italie pour une agence.
Quels sont vos projets pour 2026?
Barbara Gianuzzi: Développer le projet du kiosque, j’aimerais en faire un réseau sur le territoire italien, renforcer nos collaborations existantes et continuer à accompagner nos clients sur des événements internationaux, comme par exemple Watches and Wonders.
Francesca Fabris: Et rester fidèles à notre approche: être présentes, engagées, et apporter une vraie valeur ajoutée – aussi bien aux marques qu’aux médias.


