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Louis Vuitton remet en scène la Monterey

octobre 2026


Louis Vuitton remet en scène la Monterey

Après une réinterprétation en or jaune lancée en série limitée en 2025, la Monterey rejoint la collection permanente de Louis Vuitton avec deux versions en céramique. Une nouvelle étape pour cette montre issue de la collaboration avec Gae Aulenti, dont le design singulier accueille désormais un mouvement automatique.

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ertaines montres se reconnaissent à leur lunette, d’autres à leurs attaches de bracelet. La Monterey, elle, tient dans une silhouette: un galet arrondi, coiffé d’une couronne à midi. Une forme presque élémentaire, dont la singularité demeure intacte près de quarante ans après sa création.

Avec deux nouvelles références en céramique, verte ou noire, Louis Vuitton poursuit la remise en lumière de ses premières montres-bracelets. Surtout, après des retours ponctuels, la maison fait entrer ce design dans sa collection permanente.

L’empreinte de Gae Aulenti

L’histoire commence en 1988 avec les LV I et LV II, créées en collaboration avec Gae Aulenti. L’architecte et designer italienne, dont l’œuvre traverse aussi bien le mobilier que les luminaires et l’aménagement intérieur, vient alors de transformer l’ancienne gare d’Orsay en musée.

Son association avec Louis Vuitton donnera naissance à plusieurs objets, dont ces montres aux volumes inhabituels. Les garde-temps qu’elle imagine portent une conception du design où l’objet se comprend d’abord dans son ensemble: contour, proportions et organisation de la lecture.

La couronne placée à 12 heures prolonge le boîtier et lui donne une orientation immédiatement identifiable. Le cadran, avec ses indications concentriques et sa signature en arc de cercle, répond à la douceur des volumes par une construction graphique précise. Dès ces premières créations horlogères, Louis Vuitton construisait déjà un vocabulaire propre.

La maison a préparé ce retour sur plusieurs terrains. Les modèles historiques ont notamment réapparu dans les défilés féminins de Nicolas Ghesquière, portés en pendentifs ou en ceinture. En 2025, une Monterey en or jaune, inspirée de la LV I, a ensuite été proposée à 188 exemplaires, avec un cadran en émail Grand Feu. Les deux nouvelles versions se réfèrent quant à elles à la LV II. «L’esprit de la montre imaginée par Gae Aulenti a été revisité selon les mêmes codes», explique Matthieu Hegi, directeur artistique de La Fabrique du Temps Louis Vuitton. Le double chemin de fer des heures et des minutes, le lettrage «Louis Vuitton Paris», les aiguilles seringues et la couronne à décor Clou de Paris constituent les principaux repères conservés.

Vert continu, noir contrasté

La version verte pousse le plus loin la continuité visuelle entre boîte et cadran. La céramique polie entoure une surface laquée mate, dans une composition ton sur ton que viennent réveiller les aiguilles jaunes des heures et des minutes. Louis Vuitton y voit un rappel des surpiqûres de sa maroquinerie. Les indications blanches et la fine seconde bleue complètent cette palette. Le bracelet en cuir de veau vert, aux coutures assorties, laisse à la couleur le premier plan.

La seconde référence joue davantage sur les contrastes. Son boîtier noir brillant encadre un cadran blanc mat, animé d’aiguilles rouges pour les heures et les minutes, d’une seconde bleue et d’indications rouges et noires. Les surpiqûres rouges du bracelet en veau noir prolongent cette composition. Selon la lumière, la surface polie de la céramique révèle des reflets gris métallisé ou retrouve un noir profond.

La céramique à l’épreuve des courbes

Le choix de la céramique donne une nouvelle expression au galet. Son éclat souligne les courbes, tandis que sa résistance à l’usure et à la corrosion présente un intérêt pratique. Sa mise en forme impose cependant des contraintes spécifiques: une poudre à base d’oxyde de zirconium et de pigments est compactée, puis usinée pour obtenir l’ébauche du boîtier. La cuisson, à plus de 1’000 °C, entraîne un retrait qu’il faut anticiper pour atteindre les dimensions finales.

Viennent ensuite le meulage et le polissage manuel, opérations délicates sur une matière qui exige de contrôler précisément la pression exercée. La couleur ajoute sa propre difficulté, particulièrement pour le vert.

Le cadran assorti a lui aussi nécessité plusieurs essais: la maison indique quatre semaines de recherches sur les formulations de pigments. Deux à trois couches de laque, un vernis mat et la tampographie construisent progressivement sa surface. Le but: rapprocher les teintes tout en distinguant les textures.

La transformation la plus significative se trouve cependant sous le cadran. Les nouvelles Monterey conservent le diamètre de 37 mm des modèles originaux mais elles accueillent désormais le calibre manufacture automatique LFTMA01.02, en remplacement du quartz historique. La date et l’alarme de la LV II disparaissent au profit des seules heures, minutes et secondes.

Composé de 174 éléments, le mouvement bat à 28’800 alternances par heure et offre 45 heures de réserve de marche. Sa masse oscillante en or rose 18 carats reçoit des découpes en V et un monogramme gravé. La platine présente un décor à grain circulaire, les ponts des finitions sablées. Le tout reste dissimulé derrière un fond plein en acier, cohérent avec la continuité formelle du modèle. L’étanchéité annoncée est de 30 mètres.

Le dessin précède ici la démonstration mécanique et lui impose ses règles: dimensions contenues, fond fermé, cadran graphique. L’entrée en collection permanente permettra surtout de juger cette montre dans le temps, au-delà de l’attrait d’une réédition. C’est bien une nouvelle vie qui s’offre à cet objet né de la rencontre entre architecture, design et horlogerie!

Prix: 19’400 CHF

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