Artisanat


Vacheron Constantin poursuit sa quête des métiers d’art

juin 2026


Vacheron Constantin poursuit sa quête des métiers d'art

Après le lancement retentissant, l’an passé, de l’horloge astronomique automate La Quête du Temps, Vacheron Constantin surprend à nouveau. Témoignage de son engagement constant en faveur de la préservation et de la transmission des savoir-faire artistiques, la seconde série «Métiers d’Art - Hommage aux grandes civilisations», réalisée en collaboration avec le Musée du Louvre, convoque de nouvelles techniques artisanales ainsi que des matériaux encore inédits dans la riche histoire de la manufacture genevoise. Intrigué autant que séduit, Europa Star revient sur les surprenantes singularités de ces quatre montres-bracelets exceptionnelles, chacune limitée à quinze exemplaires.

D

ans l’univers de la haute horlogerie, nombreuses sont les maisons qui revendiquent aujourd’hui un savoir-faire artistique. Peu peuvent toutefois se prévaloir d’une relation aussi ancienne avec les métiers d’art que Vacheron Constantin, comme le rappelle Franco Cologni dans son ouvrage Les Secrets de Vacheron Constantin: «La longue histoire de Vacheron Constantin témoigne de la richesse exceptionnelle des arts décoratifs appliqués à la montre.»

Bien avant que l’émail, la gravure ou la marqueterie ne deviennent des signatures esthétiques recherchées par les collectionneurs contemporains, la manufacture genevoise explorait déjà ces disciplines. On se souvient notamment de la série Les Masques, aux cadrans ethniques fortement architecturés, ou encore, en 1994, de la célèbre Mercator, dont le cadran en émail champlevé polychrome, peint par Lucie et Jean Genbrugge, séduisit un large public.

Le buste en marbre de Paros de la montre Athéna de Velletri est gravé et patiné à la main par un artisan glypticien. La déesse protectrice contemple trois chevaux en marqueterie de pierres, inspirés d'une amphore grecque du Ve siècle avant notre ère, dont la fougue est restituée par un assemblage d'onyx, de mookaïte blanc crème et de mookaïte orange. L'élégante frise périphérique en émail champlevé rend hommage à un cratère attribué au peintre d'Égisthe vers 460 av. J.-C.
Le buste en marbre de Paros de la montre Athéna de Velletri est gravé et patiné à la main par un artisan glypticien. La déesse protectrice contemple trois chevaux en marqueterie de pierres, inspirés d’une amphore grecque du Ve siècle avant notre ère, dont la fougue est restituée par un assemblage d’onyx, de mookaïte blanc crème et de mookaïte orange. L’élégante frise périphérique en émail champlevé rend hommage à un cratère attribué au peintre d’Égisthe vers 460 av. J.-C.

En 2005, la Maison souffle ses 250 bougies avec une étonnante vitalité technique et esthétique. Parmi le foisonnement d’innovations horlogères présentées, elle choisit également de célébrer sa passion historique pour le beau. La collection «Métiers d’Art» dévoile alors quatre montres-bracelets saisissantes, dont l’applique centrale représente Apollon conduisant un quadrige dans un décor émaillé changeant au gré des saisons. L’affichage du temps en quatre guichets - heures, minutes, jour et date - est rendu possible grâce au calibre automatique 2460.

Bien avant que l’émail, la gravure ou la marqueterie ne deviennent des signatures esthétiques recherchées par les collectionneurs contemporains, la manufacture genevoise explorait déjà ces disciplines.

Le calibre 2460 G4/2, mécanisme au service de l’esthétique

Le calibre 2460 s’impose dès lors comme l’un des piliers créatifs de la Maison, et ce jusqu’à nos jours. Il équipe - dans sa version contemporaine 2460 G4/2 - les quatre nouvelles montres «Métiers d’Art - Hommage aux grandes civilisations».

Dans un élégant clin d'œil au musée du Louvre, partenaire de Vacheron Constantin depuis 2019, chaque masse oscillante reproduit la façade orientale du musée et sa célèbre colonnade, conçue au 17ème siècle par Louis Le Vau, Claude Perrault et Charles Le Brun.
Dans un élégant clin d’œil au musée du Louvre, partenaire de Vacheron Constantin depuis 2019, chaque masse oscillante reproduit la façade orientale du musée et sa célèbre colonnade, conçue au 17ème siècle par Louis Le Vau, Claude Perrault et Charles Le Brun.

Composé de 237 composants, dont certains ponts et rouages finement décorés (anglage, Côtes de Genève, cerclage), certifié Poinçon de Genève, ce mouvement automatique autorise les idées les plus audacieuses aux créateurs de la Maison. Par son affichage digital, le calibre 2460 G4/2 libère en effet le cadran de toute aiguille - et c’est là que réside son principal atout, du moins dans la perspective d’une série de montres dédiées aux métiers d’art.

Dans un élégant clin d’œil au Musée du Louvre, partenaire de Vacheron Constantin depuis 2019, chaque masse oscillante dévoile la façade orientale du musée et sa colonnade inspirée des travaux de Louis Le Vau et Claude Perrault.

Détail du modèle Lamassu de Sargon II, inspiré des sculptures monumentales du palais de Sargon II à Khorsabad (Irak) et des peintures murales de Til Barsip (Syrie). Au premier plan, le Lamassu assyrien, taureau androcéphale gardien des palais, est sculpté dans un grès calcaire italien choisi pour sa dureté et sa proximité esthétique avec l'albâtre des sculptures originelles. Il surplombe une marqueterie de pierres fines alternant des baguettes d'agate rouge et de dumortiérite bleue. La tonalité rouge est obtenue par un émail flinqué translucide, dont les gravures en fond évoquent les ailes de la créature mythologique.
Détail du modèle Lamassu de Sargon II, inspiré des sculptures monumentales du palais de Sargon II à Khorsabad (Irak) et des peintures murales de Til Barsip (Syrie). Au premier plan, le Lamassu assyrien, taureau androcéphale gardien des palais, est sculpté dans un grès calcaire italien choisi pour sa dureté et sa proximité esthétique avec l’albâtre des sculptures originelles. Il surplombe une marqueterie de pierres fines alternant des baguettes d’agate rouge et de dumortiérite bleue. La tonalité rouge est obtenue par un émail flinqué translucide, dont les gravures en fond évoquent les ailes de la créature mythologique.

Cadrans architecturés: effigie centrale et discrétion du temps mécanique

Au premier regard, chacune des quatre effigies centrales des cadrans étonne par la douceur de ses traits. La froideur du métal a en effet cédé la place à la chaleur de la pierre, comme l’explique Sandrine Donguy, directrice marketing produit et création de Vacheron Constantin: «Les quatre appliques de la première série Hommage aux grandes civilisations étaient en or sculpté; cette fois, elles sont en pierre, une première dans l’univers de Vacheron Constantin: du grès calcaire et du marbre de mêmes types et, parfois, de mêmes provenances que celles des œuvres originales.»

Le modèle Tibre de l'Iseum Campense illustre une composition singulière de savoir-faire artisanaux. Au premier plan, le dieu Tibre, sculpté dans du marbre italien, contemple une corne d'abondance réalisée en mosaïque de pierres fines. Des feuilles d'or appliquées sur le fond du cadran produisent un effet grené particulièrement subtil, rehaussé d'un émail translucide. Enfin, la frise extérieure en nacre gravée, inspirée d'une plaque Campana conservée au musée du Louvre et datée du 1er siècle av. J.-C., illustre une scène de danse dionysiaque.
Le modèle Tibre de l’Iseum Campense illustre une composition singulière de savoir-faire artisanaux. Au premier plan, le dieu Tibre, sculpté dans du marbre italien, contemple une corne d’abondance réalisée en mosaïque de pierres fines. Des feuilles d’or appliquées sur le fond du cadran produisent un effet grené particulièrement subtil, rehaussé d’un émail translucide. Enfin, la frise extérieure en nacre gravée, inspirée d’une plaque Campana conservée au musée du Louvre et datée du 1er siècle av. J.-C., illustre une scène de danse dionysiaque.

Le choix des matériaux relève ici d’une démarche presque archéologique. Le buste d’Akhénaton et le cartouche lui faisant face sont sculptés dans un grès calcaire provenant du Sinaï, identique à celui de l’œuvre originale conservée au Louvre et façonnée à Karnak il y a près de 3’500 ans. L’Athéna de Velletri prend forme dans du marbre de Paros, déjà employé dans la statue originale attribuée à Crésilas et façonnée vers 430 avant notre ère, tandis que le dieu Tibre est réalisé dans un marbre italien comparable à celui de la sculpture antique. Le Lamassu assyrien est quant à lui sculpté dans un grès calcaire italien volontairement choisi pour sa dureté et sa proximité esthétique avec l’albâtre des sculptures originelles.

Qui dit nouveaux matériaux dit nécessairement nouvelles compétences artisanales. Vacheron Constantin convoque ainsi un glypticien - nom donné au graveur de pierre, de cristal ou de gemmes. Sculpteur et glypticien sont tous deux des graveurs; c’est l’échelle de l’objet qui les distingue. Pour de petits objets, généralement d’orfèvrerie - bagues, pendentifs, boucles -, les historiens de l’art préfèrent le terme de glypticien à celui de sculpteur, réservé aux œuvres de plus grande envergure. Intailles (décors en creux) et camées (en relief) complètent le répertoire de cette précieuse technique artisanale.

Cette recherche d’authenticité matérialise toute la profondeur du partenariat entre Vacheron Constantin et le Louvre, initié en 2019. Bien au-delà d’une simple collaboration institutionnelle, cette relation repose sur un véritable dialogue scientifique avec les conservateurs du musée. «Trois ans de développement ont été nécessaires, rappelle Sandrine Donguy. Le travail de recherche s’est effectué en étroite collaboration avec les conservateurs du Louvre.» Les artisans ne reproduisent donc pas uniquement des œuvres: ils en réinterprètent la matérialité, le contexte décoratif et la présence sculpturale.

La glyptique devient ainsi centrale dans cette collection. Cet art ancestral atteint ici un niveau de sophistication exceptionnel. «Si l’on parle bien de micro-sculpture, cette technique qui procède par abrasion n’est en rien similaire à la gravure sur métal», précise Sandrine Donguy. Chaque visage, chaque drapé, chaque relief exige une maîtrise absolue du geste et de la matière.

Le choix des matériaux relève ici d’une démarche presque archéologique. Le buste d’Akhénaton et le cartouche lui faisant face sont sculptés dans un grès calcaire provenant du Sinaï, identique à celui de l’œuvre originale conservée au Louvre et façonnée à Karnak il y a près de 3’500 ans.

Neuf métiers d’art sur quelques centimètres carrés

Jamais peut-être Vacheron Constantin n’avait réuni autant de disciplines artisanales au sein d’une seule collection. Cette série constitue à elle seule une sorte de manifeste des métiers d’art contemporains appliqués à l’horlogerie.

La glyptique y dialogue avec la micro-mosaïque, la gravure, la marqueterie de pierres, la marqueterie cloisonnée, la dorure à la feuille d’or, la peinture miniature et plusieurs formes d’émaillage: champlevé, flinqué ou encore peinture miniature sur émail.

Cette multiplicité impressionne d’autant plus qu’elle ne relève jamais de l’accumulation gratuite. Chaque technique est choisie pour sa pertinence historique et esthétique. La micro-mosaïque du modèle Tibre restitue ainsi l’esprit des mosaïques romaines antiques grâce à de nombreux fragments miniatures de jaspe, de chrysocolle et d’opaline. Les joints entre les pierres sont eux-mêmes repris en peinture miniature afin d’accentuer l’effet illusionniste et la profondeur chromatique de la composition.

Jamais peut-être Vacheron Constantin n’avait réuni autant de disciplines artisanales au sein d’une seule collection. Cette série constitue à elle seule une sorte de manifeste des métiers d’art contemporains appliqués à l’horlogerie.

Le choix des matériaux de la montre Buste d'Akhénaton relève ici d'une démarche presque archéologique. Le buste d'Akhénaton et le cartouche lui faisant face sont sculptés dans un grès calcaire provenant du Sinaï, identique à celui de l'œuvre originale conservée au musée du Louvre et façonnée à Karnak il y a près de 3'500 ans. Deux frises périphériques colorées enrichissent ce tableau particulièrement expressif. La première, intérieure, déploie un motif de filets d'or en marqueterie de pierres. À l'extérieur, un anneau de turquoise d'un seul tenant, soigneusement gravé à la pointe sèche, rend hommage au collier de Nakhti, dignitaire égyptien.
Le choix des matériaux de la montre Buste d’Akhénaton relève ici d’une démarche presque archéologique. Le buste d’Akhénaton et le cartouche lui faisant face sont sculptés dans un grès calcaire provenant du Sinaï, identique à celui de l’œuvre originale conservée au musée du Louvre et façonnée à Karnak il y a près de 3’500 ans. Deux frises périphériques colorées enrichissent ce tableau particulièrement expressif. La première, intérieure, déploie un motif de filets d’or en marqueterie de pierres. À l’extérieur, un anneau de turquoise d’un seul tenant, soigneusement gravé à la pointe sèche, rend hommage au collier de Nakhti, dignitaire égyptien.

Sur la pièce Akhénaton, la Maison explore ce qu’elle désigne comme une marqueterie cloisonnée en champlevé de pierres. Inspirée d’un pectoral égyptien du VIIème siècle avant notre ère, cette composition assemble de minuscules tesselles de nacre rouge, de chrysoprase, d’opaline et de sodalite dans un réseau de filets d’or gravés en creux. Le résultat évoque directement les arts décoratifs de l’Égypte ancienne, tout en introduisant une lecture presque joaillière du cadran.

La marqueterie de pierres atteint également un niveau spectaculaire sur le modèle Athéna de Velletri. Inspirée d’une amphore grecque du Vème siècle avant notre ère, elle représente des chevaux lancés au combat grâce à un assemblage d’onyx, de mokaïte blanc crème et de mokaïte orange. Rehaussée de peinture miniature, cette scène possède une dynamique et une profondeur rarement observées dans l’univers horloger.

Le Lamassu assyrien déploie quant à lui une autre variation de cette approche décorative. Le fond du cadran accueille un travail de pierres en champlevé constitué de fines baguettes d’agate rouge et de dumortiérite bleue, inspirées d’une peinture murale d’un taureau androcéphale découverte à Til Barsip (Syrie). À cela s’ajoute un spectaculaire émail flinqué rouge appliqué sur des gravures évoquant les ailes de la créature mythologique.

L’émaillage révèle ici toute l’expertise historique de la Maison. Longtemps au cœur de son patrimoine décoratif, il retrouve une place majeure dans cette série. L’émail flinqué apporte profondeur et translucidité; l’émail champlevé structure les compositions; la peinture miniature introduit enfin un niveau de détail presque pictural.

La dorure constitue peut-être l’effet le plus inattendu. Sur le cadran du Tibre, l’application de feuilles d’or produit un aspect grené particulièrement subtil avant que l’ensemble ne soit recouvert d’émail translucide.

Mais la prouesse réside surtout dans l’assemblage final. Réunir neuf métiers d’art sur quelques centimètres carrés suppose une orchestration d’une complexité extrême, comme le souligne Sandrine Donguy: «Les éléments ont dû être ajustés au micron près, toute erreur sanctionnant de nombreuses heures de travail.»

Le Louvre comme partenaire culturel

Le partenariat entre Vacheron Constantin et le Louvre dépasse largement le cadre du prestige institutionnel. Depuis 2019, les deux institutions développent une véritable réflexion commune autour de la transmission culturelle et des savoir-faire.

La vente «Bid for the Louvre» en 2020 en constituait déjà un symbole fort, tout comme la première série Hommage aux grandes civilisations dévoilée en 2022. Plus récemment, le Louvre accueillait également La Quête du Temps, cette œuvre monumentale aux étourdissants 6’293 composants, 23 complications et 15 brevets déposés.

Cette continuité révèle une ambition plus profonde: inscrire durablement l’horlogerie dans le champ des arts décoratifs et du patrimoine culturel. En collaborant avec l’un des plus grands musées du monde, Vacheron Constantin affirme que les métiers d’art horlogers participent eux aussi à cette longue histoire de la création humaine.

Cette recherche d’authenticité matérialise toute la profondeur du partenariat entre Vacheron Constantin et le Louvre, initié en 2019. Bien au-delà d’une simple collaboration institutionnelle, cette relation repose sur un véritable dialogue scientifique avec les conservateurs du musée.

Le futur de la tradition artisanale

C’est sans doute là que réside la véritable singularité de cette collection. Ces montres rares fascinent autant par leur virtuosité technique que par les ponts qu’elles établissent avec l’histoire de l’art, l’archéologie et la mémoire des civilisations.

À travers ces quatre créations, Vacheron Constantin explore de nouveaux territoires techniques - notamment dans le travail sculptural de la pierre - et laisse entrevoir de nouvelles perspectives pour les métiers d’art horlogers contemporains.