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ien avant la domination actuelle du marché secondaire, Davide Parmegiani en était déjà devenu une personnalité incontournable. Nous sommes alors dans les années 1980, à Milan: le jeune homme, issu d’une famille de marchands de bijoux anciens, s’est quant à lui pris de passion pour l’horlogerie vintage. Il est alors, comme il le dit lui-même, «au bon endroit au bon moment»: l’Italie dans ces années-là rassemble une scène bourgeonnante de grands collectionneurs, qui forgeront en grande partie le monde de la collection horlogère tel qu’on le connaît aujourd’hui.
«Il y avait sept collectionneurs qui entendaient réunir de grandes collections d’horlogerie vintage, se remémore-t-il. Je suis devenu conseiller personnel pour plusieurs d’entre eux. Car, contrairement à l’avis de ma famille qui souhaitait que je reprenne la bijouterie familiale à Milan, j’avais décidé pour ma part d’y ouvrir une enseigne dédiée à l’horlogerie vintage.» Sa spécialité n’est cependant pas limitée au marché italien, même si celle-ci représente jusqu’à ce jour une majorité de sa fidèle clientèle: il parcourt le monde entier, de l’Australie aux Etats-Unis, écumant ventes aux enchères et collections privées, se créant par là même un réseau global.
D’ailleurs, le marché américain dans les années 1990 est encore surtout «vendeur», offrant la possibilité d’«acquérir un grand nombre de belles pièces en or, issues d’héritages familiaux». Ce n’est qu’à partir des années 2000 que ce marché s’affirmera aussi comme une scène importante de collectionneurs. «Au cours de ma carrière, en tant que conseiller privé, j’ai eu la chance de voir passer entre mes mains une grande partie des modèles exceptionnels proposés aux ventes enchères, en les plaçant auprès de mes clients, souligne l’expert. J’ai aussi pu nouer des amitiés avec les grandes figures du monde de la collection, de John Goldberger à Aurel Bacs.»
Après deux décennies d’activité depuis Milan, Davide Parmegiani s’installe en 2011 avec sa famille de l’autre côté de la frontière, à Lugano, où il ouvre une boutique. Ce déménagement en Suisse lui permet notamment de se rapprocher des maisons de vente comme Antiquorum (fondée par Osvalo Patrizzi, autre grand spécialiste italien qui a largement contribué à forger la scène contemporaine de la collection horlogère). Autre tournant en 2019, lorsqu’il fait la rencontre de Claude Cohen, le fondateur de la maison de vente Monaco Legend, établie sur le Rocher. Celui-ci cherche alors quelqu’un pour développer le segment horloger de son activité.
Fort d’une expérience sans égal, Davide Parmegiani est l’homme de la situation. Il s’associe à Claude Cohen dans le but de faire de Monaco Legend une enseigne qui compte sur la scène horlogère. Pour se différencier, il entend se concentrer presque exclusivement sur les modèles réellement «vintage», comme il le souligne: «Lors de la majorité des ventes actuelles sur la scène horlogère, le catalogue comprend de nombreuses montres modernes, en raison de la forte désirabilité de modèles récents indisponibles. En tant qu’expert des montres à complication produites entre 1920 et 1980, en particulier de Rolex, Patek Philippe, Cartier, Vacheron Constantin et Audemars Piguet, je préfère me concentrer sur ma spécialité.»