emettons-nous dans le contexte de l’an 1976, date de lancement de la Nautilus:
Jimmy Carter vient d’être élu aux USA et en Chine on pleure la disparition de Mao Zedong. Le Concorde commence à voler de Paris à New York et Apple et Microsoft viennent à peine d’être créés. Dans l’horlogerie de haut de gamme règne un classicisme de bon aloi et des tailles mesurées. C’est dans ce contexte que Patek Philippe lance la Nautilus: elle ne ressemble à rien de connu, elle arbore un diamètre de 42 mm, elle n’est ni ronde ni rectangulaire, possède deux «oreilles», un bracelet intégré et est en acier inoxydable mais vendue au prix de l’or!
Quelle mouche a donc piqué Patek Philippe, cette grande maison alors conservatrice, de lancer une telle montre au design avant-gardiste, qui introduit la notion de «sport chic» dans la haute horlogerie? La réception initiale de la Nautilus fut donc plus que tiède. Mais c’était sans compter sur la force de son design de rupture – tout aussi élégant que robuste – qui s’imposa graduellement avant de devenir cultissime.
Les dessous de son succès
Le design de Gérald Genta, qui dessina la Nautilus, n’est pas dû au hasard ou à un quelconque «caprice» artistique. Tout, dans le détail de ses formes va de pair avec une profonde réflexion technique. Comme dans tout design d’excellence, la forme est dictée par sa fonction, en l’occurrence celle d’un boîtier de montre conçue pour être étanche à 120 mètres - une prouesse technique à l’époque pour une montre de sport élégante, fine et destinée à être produite en série. Inspirée donc comme naturellement d’un hublot de navire, le boîtier de la Nautilus est construit en deux pièces. Son fond-carrure ne comporte qu’un seul perçage – pour la tige de remontoir – et sa lunette est fixée et comprimée par les deux charnières du boîtier (les fameuses «oreilles») grâce à quatre vis de serrage. «Une construction qui rappelle les hublots des anciens transatlantiques, avec leur système de charnière et de verrouillage à vis serrant hermétiquement les joints sur le cadre d’acier», explique Patek Philippe.
Ces lignes et formes en rupture avec les codes dominants de l’époque sont par ailleurs sublimées par des finitions superbement travaillées, alternant surfaces polies et satinées. Son cadran, devenu depuis si emblématique, avec son décor horizontal frappé, renforce encore son aura sportive, de même que son bracelet intégré, à la fois robuste lui aussi et d’un grand confort, et qui s’affine harmonieusement jusqu’à son fermoir font de la Nautilus, à la silhouette immédiatement reconnaissable, comme l’incarnation parfaite du sport élégant.
Au fil des ans et au fur et à mesure de sa réputation sans cesse grandissante, elle va accueillir de nombreuses complications et affichages différents, voire de grandes complications, comme les fonctions Travel Time, phases de lune, chronographe flyback, calendrier annuel, calendrier perpétuel. Des modèles pour femme vont apparaître et suite à l’acier, la Nautilus va se décliner en platine, en or rose ou blanc, être sertie...tout en conservant avec fidélité et fierté son design originel.
A l’occasion de son 50ème anniversaire, la Nautilus est déclinée en quatre nouvelles versions éditées en séries limitées: deux modèles de grande taille (Jumbo) de 41 millimètres, l’un en or gris sur bracelet métal (référence 5810/1G-001, en série limitée de 2’000 pièces) et l’autre, toujours en or gris mais sur bracelet composite (référence 5810G-001, en série limitée de 1’000 pièces); un modèle de 38 millimètres (taille Medium) en platine (référence 5610/1P-001, en série limitée de 2’000 pièces); ainsi qu’une inattendue et surprenante montre de bureau en or gris de 50,65 millimètres (référence 958G-001, en série limitée de 100 pièces).
Les trois montres sur bracelet sont équipées du renommé Calibre 240, un mouvement à remontage automatique extra-plat, d’une épaisseur de 2,53 millimètres qui a permis d’affiner encore leur boîtier, à la construction identique à l’original mais d’une épaisseur de seulement 6,9 millimètres, sublimant ainsi le design de la Nautilus tout en offrant un exceptionnel confort au porter.
La sobriété minimaliste du cadran, avec son affichage recentré sur l’essentiel des heures et minutes, ses index appliques bâton – subtilement rehaussés de diamants baguette dans la référence 5810G-001 –, ses aiguilles bâton à bouts arrondis, le célèbre décor avec relief horizontal de son cadran bleu à la finition soleillée, met en lumière la géométrie et les lignes culte de la Nautilus.
La montre de bureau Référence 958G-001
Éditée en série très limitée de 100 pièces, cette étonnante Nautilus montre de bureau reste immédiatement reconnaissable, bien que dépourvue de bracelet.
En plus de l’indication des heures et minutes, son cadran affiche une date instantanée par aiguille, du jour instantané par guichet, d’une petite seconde à 6h et d’un indicateur de réserve de marche de huit jours complets, avec un neuvième jour de «réserve».
Un système de charnière utilisé pour le couvercle de son dos sert également de support à cette pièce de bureau. Ce couvercle à charnière est doté d’un décor bleu «soleil» protégé par un verre saphir, avec relief horizontal frappé, et décoré d’une croix de Calatrava. Sous un second verre saphir on peut voir le calibre à remontage manuel 31-505 8J PS IRM CI J lancé en 2025.


