e lien qui unit Van Cleef & Arpels à Genève est le fruit d’une histoire ancienne, tissée de fidélité et d’élégance. Elle débute en 1960, lorsque la Maison parisienne choisit d’ouvrir sa première boutique suisse sur la rue du Rhône, au numéro 31. Une adresse devenue, au fil des décennies, l’un des ports d’attache les plus précieux de la Maison, aux côtés de la place Vendôme. Entre Paris et Genève s’est ainsi dessiné un dialogue discret, nourri par l’amour des pierres rares, des savoir-faire d’exception et des créations destinées à traverser le temps.
En 2026, le grand joaillier s’offre une nouvelle adresse située rue du Rhône 23, ou plutôt un écrin de 486 m2 réparti sur deux étages. Derrière sa façade vitrée, qui met en scène le monogramme de la maison, la boutique dévoile une succession de salons aux allures d’appartement privé. On a le sentiment d’être reçu chez un collectionneur éclairé, un amateur de beauté qui aurait réuni, au gré de ses découvertes, de remarquables trésors de la joaillerie. Les bijoux reposent dans les vitrines comme s’ils étaient là avant tout pour être contemplés.
«L’ouverture de la boutique Van Cleef & Arpels de Genève marque le début d’un nouveau chapitre dans l’histoire de la Maison au sein de cette ville, qui est aussi le berceau de l’horlogerie. Nous proposons à nos visiteurs de redécouvrir notre univers à travers différents espaces, reflétant à leur manière l’attachement de Van Cleef & Arpels à l’excellence des savoir-faire. Des salons privatifs à l’espace patrimonial et aux salles expérientielles, la boutique et son décor invitent chacun à un moment de contemplation en toute quiétude», souligne Catherine Rénier, Présidente et CEO de Van Cleef & Arpels.
Un siècle de créativité et d’innovation
À l’occasion de l’ouverture des lieux, trois salons accueillent l’exposition Van Cleef & Arpels à Genève: l’histoire continue, qui présente une sélection de créations issues du Patrimoine Van Cleef & Arpels ainsi que des pièces prêtées par des collectionneurs privés genevois. Ces joyaux racontent près d’un siècle de créativité et d’innovation.
«Nous sommes ravis de l’intérêt grandissant de la part des musées et du public pour la joaillerie, souligne Alexandrine Maviel, directrice du Patrimoine et des Expositions de Van Cleef & Arpels. La Maison a été précurseur dans l’organisation d’expositions patrimoniales au sein de ses boutiques et d’institutions muséales dès les années 1980. Ces initiatives permettent de rappeler que la joaillerie fait partie intégrante des arts décoratifs».
L’exposition Van Cleef & Arpels à Genève: l’histoire continue «rend hommage à la clientèle genevoise à travers un ensemble de créations principalement en collections particulières. Ces créations, peu connues du public, sont un témoignage des sources d’inspiration emblématiques de Van Cleef & Arpels et de ses savoir-faire, une plongée dans son univers poétique au sein de ce nouvel écrin au 23, rue du Rhône.»
Le premier espace de l’exposition lève le voile sur certains des grands jalons de l’histoire de la Maison à travers des créations datant des années 1930 aux années 1970. Parmi elles figurent plusieurs broches et motifs d’oreilles réalisés en Serti Mystérieux™, cette technique brevetée en 1933 qui dissimule entièrement le métal sous les pierres et donne naissance à des surfaces veloutées d’une étonnante fluidité. Les bijoux Passe-Partout, inventés en 1938, sont l’expression de l’inventivité de Van Cleef & Arpels qui a toujours eu à cœur de proposer à sa clientèle des bijoux transformables offrant plusieurs portés différents.
On retrouve les adorables clips animaliers aux traits humoristiques qui nous rappellent que la Maison a toujours su s’adapter à son époque. En effet, en 1954, Van Cleef & Arpels inaugurait à Paris, puis quelques années plus tard à Genève, le concept de «la boutique» avec une entrée distincte de celle du magasin dédié à la haute joaillerie, afin de répondre aux attentes d’une clientèle plus jeune, désireuse de porter ses bijoux tous les jours. Les clips animaliers faisaient partie de son offre.
La seconde partie de l’exposition illustre le large éventail des sources d’inspiration qui, associées à l’ingéniosité technique développée dans les ateliers de Van Cleef & Arpels, ont donné naissance à quelques pièces signatures, comme les broches danseuses, les clips fleurs et surtout le collier Zip, l’une des créations les plus emblématiques de la Maison datant de 1951. Ouvert, il se porte en collier; refermé, il devient bracelet. Imaginé par Renée Puissant, directrice artistique de Van Cleef & Arpels et fille d’Estelle Arpels et d’Alfred Van Cleef, ce bijou singulier s’inspire d’un objet du quotidien: la fermeture à glissière. Sous la main des joailliers, cet élément industriel s’est transformé en une œuvre précieuse où la virtuosité technique s’allie à la puissance de l’imaginaire.
En parlant d’alliance, rappelons que l’histoire de Van Cleef & Arpels est elle-même née d’une rencontre. Celle d’Estelle Arpels, fille d’un négociant en pierres précieuses, et d’Alfred Van Cleef, issu d’une famille de diamantaires et de lapidaires. De leur union naîtra en 1906 une Maison dont les créations n’ont cessé de célébrer l’amour, la nature, la chance et l’émerveillement.
Enfin, dans la troisième partie de l’exposition, les visiteurs découvrent des collections thématiques de Haute Joaillerie. A l’origine de ces bijoux et objets précieux, une même inspiration: les pierres rares, comme ce fut le cas avec le Lesotho Diamond, ce diamant brut exceptionnel de type IIa et d’un poids de 910 carats qui a donné lieu à une extraordinaire collection en 2022, une œuvre littéraire, telle Romeo & Juliet de William Shakespeare, ou encore un ensemble de techniques rares.
Une place particulière
La boutique genevoise occupe une place particulière dans l’histoire de Van Cleef & Arpels. Durant les dernières décennies, alors que la Maison était encore entre les mains de la famille Arpels, Genève et Paris formaient les deux pôles essentiels autour desquels s’articulait son activité. À une époque où l’industrie du luxe se tournait volontiers vers les licences et la diversification, Jacques Arpels demeurait profondément attaché à la haute joaillerie, aux commandes spéciales et à la quête des pierres les plus remarquables.
Les collectionneurs genevois ont toujours occupé une place privilégiée dans cette aventure. Jacques Arpels appréciait leur regard, leur connaissance des gemmes et leur passion pour les pièces d’exception. Les archives de la boutique témoignent encore aujourd’hui de ces liens tissés au fil des générations et permettent de retracer l’histoire de nombreuses créations. C’est d’ailleurs grâce à la confiance durable qui unit la Maison à ses collectionneurs que cette exposition a pu voir le jour: une grande partie des œuvres présentées a été prêtée par leurs propriétaires.
La boutique de la rue du Rhône a été pensée dans un style à la fois contemporain et intemporel dans des teintes de beige, de blanc et de noir, afin de rappeler la mémoire de la Maison tout en accueillant son avenir. Quelques parenthèses intimistes s’offrent aux visiteurs, à l’image du Salon Poétique avec ses nuances rosées et son délicat décor fleuri sur soie brodée et peinte à la main. Le bar Lounge du rez-de-chaussée incite à l’indolence tandis que les bibliothèques qui scandent les différents espaces, invitent à la réflexion.
Pensée comme un espace d’accueil et de découverte, la boutique ouvre largement ses portes au public. On y vient pour admirer, apprendre, s’émerveiller, parfois acquérir une création, mais surtout pour entrer dans un univers où chaque détail raconte une histoire. Cette histoire commence d’ailleurs à dérouler son fil dès l’entrée majestueusement éclairée par un immense lustre de Murano.
Dans un monde souvent tourné vers l’immédiateté et le renouvellement permanent, Van Cleef & Arpels continue de défendre sa vision d’un temps long et célèbre la transmission sous toutes ses formes. Celle des savoir-faire préservés et celle des objets précieux qui passent d’une génération à une autre, comme autant de rêves qui se transmettent et se portent.


