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Comment Vacheron Constantin a recréé l’American de 1921

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mai 2021


Comment Vacheron Constantin a recréé l'American de 1921

Seulement 24 exemplaires du modèle de 1921 furent produits à l’origine. A l’occasion des 100 ans de la montre American 1921, Vacheron Constantin plonge dans ses archives pour concevoir à nouveau et à l’identique la pièce emblématique de l’époque. Cette pièce unique a mobilisé pendant une année l’atelier Restauration et le département Patrimoine de la manufacture.

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l’occasion des 100 ans de la montre American 1921, Vacheron Constantin plonge dans ses archives et son savoir-faire horloger pour concevoir à nouveau et à l’identique la pièce emblématique de l’époque. Fruit d’une formidable épopée technique et humaine aux confins de l’excellence artisanale, la création de la montre American 1921 Pièce unique a mobilisé pendant une année les expertises uniques de l’atelier Restauration et du département Patrimoine de la Maison. Cette démarche qui semble inédite dans l’industrie horlogère reflète l’attachement de Vacheron Constantin pour la conservation, la transmission et l’enrichissement continu de son héritage et des savoir-faire traditionnels.

Si seulement 24 exemplaires du modèle de 1921 furent produits à l’origine, Vacheron Constantin n’en compte aujourd’hui qu’un seul au sein de sa collection privée, faisant de cette montre un modèle extrêmement rare et recherché par les collectionneurs et connaisseurs de Haute Horlogerie. Certaines montres racontent des histoires, elles invitent à remonter le temps, à en tirer les fils pour s’immerger dans des époques lointaines et révolues. L’American 1921 Pièce unique révélée cette année est de celles-là.

Créée à l’identique de son aïeule de 1921, elle se profile comme un voyage dans la créativité des années folles et ravive la beauté du geste artisanal tel qu’il était pratiqué il y a un siècle. Plus qu’une montre jubilaire, elle est le fruit d’une passionnante odyssée au cœur des savoir-faire artisanaux cultivés depuis plus de 265 ans par Vacheron Constantin.

Quand s’est esquissée l’idée de recréer à l’identique le modèle American 1921 conservé dans la collection privée de Vacheron Constantin, le projet s’annonçait aussi exaltant qu’ambitieux.

Trait d’union entre le passé et l’avenir de la Maison, le département Patrimoine de Vacheron Constantin occupe une place à part au sein de la Manufacture. Point de départ d’une exceptionnelle chronologie qui remonte à 1755, à la tête d’une collection unique, il est tout sauf un musée figé qu’il faudrait dépoussiérer. Les recherches et l’expertise des équipes qui y travaillent au quotidien sont une source insatiable d’inspiration pour la création des nouvelles collections et une référence magistrale pour l’atelier Restauration.

Le département conserve 800 machines-outils, des établis et des outillages horlogers, ainsi qu’un impressionnant fonds d’archives papier et iconographiques. 420 mètres linéaires accueillent registres de fabrication et registres comptables comprenant les ventes à l’étranger, échanges épistolaires entre associés, fournisseurs et clients, documents divers et photographies d’une richesse infinie qui éclairent, tant historiquement qu’artistiquement, sur l’activité de Vacheron Constantin au fil des siècles et des années.

Autant d’outils écrits permettant d’obtenir la traçabilité d’une création depuis les origines, car toutes les pièces produites sont systématiquement référencées dans des registres de fabrication. Cet héritage sans précédent a permis de retracer l’histoire de création de l’American 1921 et a servi de base de travail solide aux équipes de l’atelier Restauration. Ces dernières se sont ainsi lancées dans un véritable challenge pour renouer avec certaines expertises oubliées et conjuguer les techniques d’aujourd’hui aux savoir-faire d’hier.

Rares sont les manufactures à pouvoir proposer un service de restauration des pièces issues de ses ateliers. C’est pourquoi Vacheron Constantin met un point d’honneur à transmettre ce savoir-faire horloger et à faire perdurer la grande histoire de chacun de ses garde-temps. L’art et la manière de ses artisans chevronnés consistent donc à travailler dans le respect de l’éthique. Ils disposent pour cela d’un stock important de composants, ajustent des ébauches de composants ou en récréent entièrement - ceux-ci représentant la tâche la plus délicate qui nécessite des calculs dimensionnels particulièrement complexes.

Experts dans l’art d’entretenir les plus anciens garde-temps Vacheron Constantin sans les dénaturer, les horlogers chevronnés de l’atelier Restauration sont donc habitués à combiner la démarche de l’historien et l’analyse du scientifique, mais ils n’avaient jusqu’ici jamais entrepris de reproduire une montre ancienne dans son intégralité. Ce travail de reconstitution inédit, dans le respect de l’éthique car fidèle et précis jusque dans les moindres détails de sa réalisation, a fait appel à de multiples compétences de la part de ces artisans qui, tout au long de ce projet qui a duré une année, ont procédé par empirisme.

Plusieurs mois de recherches dans les archives de la Manufacture, des semaines de réflexion et d’observation, de nombreuses expérimentations, des tentatives infructueuses et des essais couronnés de succès ont été nécessaires à la réalisation d’un tel ouvrage. L’American 1921 Pièce unique sera mise à l’honneur tout au long de l’année 2021 en étant exposée dans les boutiques Vacheron Constantin du monde entier.

Pour réinventer les gestes de l’époque, certains outils historiques issus du Patrimoine de Vacheron Constantin ont ainsi dû être utilisés par les artisans. Un burin fixe de la fin du 19ème siècle a permis de façonner à l’identique les éléments de la boîte ; une machine à arrondir de la seconde moitié du 19ème siècle a servi à modifier le profil des dents des roues et à ajuster leur diamètre. Afin de percer la platine du mouvement, les horlogers ont utilisé un perce-droit du 18ème siècle. Pour chasser les rubis dans leurs sertissures, ils ont employé une potence du début du 20ème siècle.

Ces machines anciennes ont été complétées par des outils réalisés spécialement pour ce projet, tels des fraises ou des rivoirs sur-mesure et dans la lignée de ceux du début du 20ème siècle, afin de travailler au ressenti et reproduire au plus près les gestes et les techniques de conception de l’époque. En résulte un remarquable exercice de style pour une pièce de collection exceptionnelle qui symbolise l’attachement indéfectible de Vacheron Constantin à la transmission, la valorisation et l’enrichissement continu de ses compétences manufacturières.

Si les horlogers de l’atelier Restauration maîtrisent parfaitement l’art de redonner vie aux pièces les plus exceptionnelles produites par la Manufacture au cours de sa longue histoire, jamais jusqu’alors ils n’avaient été amenés à reconstruire de toute pièce un calibre ancien.

Ils ont tout d’abord désassemblé et étudié dans ses moindres composants le Calibre 11 lignes Nouveau qui équipe le modèle d’origine. Hormis pour les ponts et la platine qui ont dû être recréés, les stocks de l’atelier Restauration se sont révélés de véritables mines d’or pour les artisans qui ont ainsi pu disposer de toutes les ébauches nécessaires. Ce fut un exercice de recherche laborieux puisqu’une boîte de l’époque peut contenir une infinie variété de composants, tous différents les uns des autres par leur taille et leur forme.

Afin de les identifier un à un, la première étape a donc consisté à prendre des mesures et des côtes de chacun des 115 composants du mouvement d’origine. Ce travail méticuleux d’observation et de comparaison a ensuite conduit les horlogers à réaliser des plans et une modélisation du calibre, tâche particulièrement délicate car elle nécessite des calculs dimensionnels particulièrement complexes.

A cette étape, les documents d’archives consignés par le Patrimoine se sont avérés très précieux, notamment pour recréer les ponts et la platine selon les spécificités du mouvement d’époque. Comment ajuster et calibrer chaque composant avant de les assembler ? Comment régler les machines d’époque ? De quelle manière reproduire la teinte de la dorure des roues ? A quelle distance et à quelle hauteur les placer pour être fidèle au calibre originel ? Ce sont autant de problèmes que les horlogers ont dû résoudre en assemblant les composants un à un, chaque erreur pouvant mettre à mal l’intégralité de l’ouvrage.

Le sertissage des rubis sur le mouvement a également représenté un véritable tour de force. Depuis les années 1940, il est d’usage d’enchâsser les rubis et, si les horlogers de l’atelier Restauration de Vacheron Constantin sont habitués à remplacer des pierres endommagées sur des pièces très anciennes, ils n’ont jusqu’ici jamais eu l’occasion de réaliser eux-mêmes les sertissures. Parvenir à creuser le métal à la profondeur exacte afin d’ajuster les pierres au centième près a nécessité de multiples essais, sans compter le long travail de recherche pour parvenir à élaborer le système permettant de reproduire la côte unique qui, au côté des gravures manuelles, décore le mouvement de la même manière que ce qui était fait à l’époque.

La reconstitution de l’habillage de l’American 1921 a également représenté une véritable prouesse artisanale. Là encore, les horlogers de Vacheron Constantin ont dû apporter des réponses à de nombreuses questions techniques en observant la pièce de 1921 dans ses moindres détails, en la comparant avec les documents d’archives pour finalement façonner artisanalement chaque élément du boîtier et du cadran.

Certains composants d’époque étaient disponibles dans les stocks de l’atelier Restauration, telles la couronne et les aiguilles à l’état d’ébauche. D’autres ont dû être intégralement recréés. A commencer par le boîtier de 31,5 mm, selon les dimensions de l’American 1921 originelle. Il a été façonné par un orfèvre de l’atelier Restauration dans l’alliage d’or spécifique du modèle historique (or jaune 18K 3N), identifié à l’aide d’un spectromètre afin d’en reproduire la teinte exacte. Seule une gravure laser appliquée sur le fond du boîtier, pour des raisons douanières, distingue l’American 1921 Pièce unique de son aïeule.

La conception du cadran a également fait l’objet d’une expertise très pointue de la part de l’artisan chargé de restituer le grain et la beauté unique du cadran originel. Réalisé en émail Grand Feu, une technique ancestrale considérée comme l’une des plus délicates dans le domaine de l’ornementation horlogère, il a nécessité de nombreux passages au four à une température de plus de 800°C. Il arbore les chiffres et le logo de l’époque, et de fines aiguilles type Pomme qui ont été bleuies à la main au sein de l’atelier Restauration selon les techniques manufacturières de l’époque.

Et puisqu’aucun détail n’est laissé au hasard, l’exercice de style se prolonge jusqu’au bout du bracelet, dont la boucle ardillon en or jaune 18K 3N (alliage identique au modèle original) est elle aussi manufacturée dans les ateliers de restauration de Vacheron Constantin.

Parce qu’elle conserve très exactement toutes les propriétés originelles de l’American 1921 d’époque, cette pièce unique recréée à l’identique s’inscrit dans une démarche d’historien. En filigrane, elle reflète le contexte social et culturel des années 1920, l’ébullition et le vent de liberté qui a soufflé sur les Etats-Unis et l’Europe à l’aube des années folles. Par son design singulier, elle illustre la créativité stylistique de Vacheron Constantin qui n’hésitait pas à décliner son style «classic with a twist» dans de multiples formes de boîtiers.

Elle raconte aussi les prémices de la généralisation de la montre de poignet. A cette époque, la montre bracelet masculine commençait à peine à prendre le pas sur la montre de poche, jusqu’alors considérée comme plus robuste et précise. Malgré les progrès considérables des manufactures horlogères en termes de résistance, de fiabilité et de miniaturisation des mouvements, les exigences d’étanchéité telles qu’on les conçoit aujourd’hui n’étaient pas encore d’actualité.

Choisir de porter le temps au poignet signifiait ainsi exposer la montre à davantage de risques en termes de chocs et d’agressions extérieures tels la poussière, l’humidité ou l’eau. Afin de se prémunir de tout dégât éventuel, les propriétaires de montres prenaient de multiples précautions et, par exemple, prêtaient attention à toujours poser leur montre bracelet sur le rebord du lavabo lorsqu’ils se lavaient les mains. La montre était alors une compagne de vie dont on prenait le plus grand soin et qu’il fallait remonter chaque jour manuellement.

Riche d’un patrimoine basé sur la transmission du savoir-faire horloger et de la recherche stylistique à travers des générations de maîtres artisans, Vacheron Constantin poursuit la célébration des 100 ans de l’American 1921 en recréant de toute pièce ce modèle emblématique. Du Calibre 11 lignes Nouveau au boîtier en or, en passant par les décorations et les éléments d’habillage, l’American 1921 Pièce unique reprend trait pour trait les propriétés originelles de son aïeule créée il y a un siècle.

Cette démarche inédite et d’une grande complexité a mobilisé durant une année les horlogers les plus aguerris de l’atelier Restauration et l’équipe du Patrimoine de Vacheron Constantin qui ont renoué avec des outils anciens et des savoir-faire oubliés dans une passionnante aventure humaine et technique. En résulte une exceptionnelle pièce unique, symbole de l’attachement de la Maison à son héritage et à l’enrichissement continu des savoir-faire traditionnels.

Comment Vacheron Constantin a recréé l'American de 1921

FICHE TECHNIQUE

Calibre

  • 1921
  • Développé et manufacturé par Vacheron Constantin
  • Mécanique à remontage manuel
  • 24.80 mm (11‘’’ Nouveau) de diamètre, 4.31 mm d’épaisseur
  • Environ 30 heures de réserve de marche
  • 2.5Hz (18’000 alternances/heure)
  • 115 composants
  • 16 rubis

Indications

  • Heures, minutes
  • Petite seconde

Boîtier

  • Or jaune 18K 3N, alliage identique au modèle original de 1921
  • Manufacturé au sein de l’atelier Restauration Vacheron Constantin
  • 31.5 mm de diamètre, 8.75 mm d’épaisseur

Cadran

  • Blanc, émail Grand Feu
  • Aiguilles type pomme en acier, bleuies dans les ateliers de Vacheron Constantin

Bracelet

  • Cuir de veau brun, cousu main, coutures ton sur ton, doublure en cuir de veau

Boucle

  • Boucle ardillon en or jaune 18K 3N, alliage identique au modèle original de 1921

Manufacturé au sein de l’atelier Restauration Vacheron Constantin