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«Je ne crois plus à l’horlogerie généraliste»

TIMEX LUXURY GROUP

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mai 2019


«Je ne crois plus à l'horlogerie généraliste»

En charge de la licence de Versace, la division luxe de Timex Group a ajouté une série de marques à son portfolio, visant des communautés de niche à travers des thèmes spécifiques: le bien-être avec Teslar, l’environnement avec Vincent Berard ou la moto avec CT Scuderia. Rencontre avec son directeur Paolo Marai.

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a division luxe de Timex Group (qui recouvre la production Swiss made du groupe américain), opère aujourd’hui en licence les marques Versace, Versus, Salvatore Ferragamo, Teslar, CT Scuderia et Vincent Berard.

Dans une précédente édition d’Europa Star, nous avions déjà interviewé le CEO de Timex Group, Tobias Reiss-Schmidt (lire ici). Cette fois-ci, nous donnons la parole à Paolo Marai, en charge du pôle luxe de Timex Group.

«Aujourd’hui, il faut s’adresser à des communautés avec des produits flexibles et personnalisables. On est passé des blogueurs aux influenceurs, organisés autour de communautés.»

Paolo Marai, President et CEO de Timex Group Swiss Luxury Division
Paolo Marai, President et CEO de Timex Group Swiss Luxury Division

L’horlogerie Versace semble s’être faite plus discrète par rapport à 2005, lorsque vous en avez repris la licence, et aux années qui ont suivi. Que s’est-il passé?

La marque a connu de grands moments de 2005 à 2008, mais elle était alors positionné plus haut de gamme qu’aujourd’hui, avec des prix dépassant les 3’000 dollars, et la crise financière l’a beaucoup atteinte. Versace s’est donc recentré sur un créneau horloger plus accessible, de 1’700 à 2’500 dollars. Il a fallu du temps pour remonter la pente et regagner des marchés, car il s’agissait de faire davantage de volumes sur ce créneau plus abordable. Mais 2018 a été une année record pour Versace, avec des ventes en croissance de 30%, tout comme l’année précédente.

«La crise financière a beaucoup atteint la marque sur le haut de gamme, au-delà de 3’000 dollars. Versace s’est donc recentré sur un créneau horloger plus accessible.»

Versace Audrey
Versace Audrey

Pourquoi n’exposez-vous plus à la foire de Bâle?

Nous ne sommes plus présents à Baselworld depuis trois ans, car l’organisation avait accepté comme exposant une autre société utilisant le nom Versace! Nous avons préféré organiser notre propre événement qui a réuni 500 personnes à Dubai en janvier dernier. Il y avait uniquement des marques fashion, dans un univers cohérent. Par ailleurs, nos distributeurs prennent désormais commande avant Baselworld.

Versace a été rachetée en octobre 2018 par Michael Kors pour 2,1 milliards de dollars. Qu’est-ce que cela change pour vous?

Pour l’instant nous ne sommes pas impactés, car notre contrat de licence va jusqu’en 2029. Nous restons sur un positionnement Swiss made. Je ne peux vous donner de chiffres mais je peux vous dire que l’horlogerie représente environ 10% du chiffre d’affaires total de Versace. Dans d’autres marques de mode qui font de l’horlogerie, ce taux tourne plutôt autour des 4-5%.

«L’horlogerie représente environ 10% du chiffre d’affaires total de Versace

Versace Greca Icon
Versace Greca Icon

Quelle est la proportion des ventes entre les boutiques propres à Versace et les détaillants?

Aujourd’hui, la grande majorité des ventes de montres Versace se fait chez les détaillants multimarques. Nous sommes encore sous-représentés dans les boutiques Versace. La marque s’est concentré sur la relance de son activité dans la mode ces dernières années.

Où se situent vos principaux débouchés?

Notre premier marché dans le monde est l’Arabie saoudite. Les Etats-Unis sont en croissance, devant la France, la Turquie et le Japon. Nous sommes présents depuis une année en Chine sur la plupart des plateformes de e-commerce, à la condition qu’il n’y ait pas rabais. Nous avons observé un effet immédiat.

«Nous sommes présents depuis une année en Chine sur la plupart des plateformes de e-commerce, à la condition qu’il n’y ait pas rabais. Nous avons observé un effet immédiat.»

Le portfolio de Timex Luxury Group compte trois nouvelles marques: CT Scuderia, Teslar et Vincent Berard. Pouvez-vous nous présenter ces projets?

Leur point commun est que toutes produisent des montres pour des segments bien spécifiques de consommateurs. Par exemple, CT Scuderia s’adresse aux amateurs de motos de style Café Racer. Nous allons créer des clubs autour de ces marques. Aujourd’hui, il faut s’adresser à des communautés avec des produits flexibles et personnalisables. On est passé des blogueurs aux influenceurs, organisés autour de communautés. Je ne crois plus au produit «généraliste».

CT Scuderia Corsa
CT Scuderia Corsa

Teslar est un projet à gros potentiel: la marque offre un design fort avec une puce qui transmet des informations et aide à se protéger de la pollution électro-magnétique. L’effet est très personnel selon le porteur. Les montres coûtent de 500 à 2’500 dollars.

Teslar
Teslar

Teslar
Teslar

Vincent Berard
Vincent Berard

Vincent Berard est pour sa part une société qui existe depuis 2005. L’idée est de la profiler sur le concept de «l’économie verte», avec un produit proche de la nature qui doit respecter une série de normes environnementales et dont une partie des recettes sert à planter des arbres. Elle est repositionnée à présent de 800 à 2’000 dollars.

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