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«En Suisse, nous avons un grand retard dans le software»

INNOVATION

juin 2019


«En Suisse, nous avons un grand retard dans le software»

Trois questions à Xavier Comtesse, consultant, ancien directeur du think tank Avenir Suisse.

L

a Suisse a toujours été à l’avant-garde dans la machine-outil. Estce encore le cas?

Nous ne sommes pas du tout prêts face à la révolution numérique. Je vais vous donner un exemple: la médecine fonctionnait jusqu’à présent sur l’élaboration de diagnostics. Elle va s’appuyer à l’avenir sur la génétique et les données physiologiques et comportementales, comme celles fournies par les montres connectées. Cela va complètement changer la discipline. Et toutes les disciplines vont évoluer.

Le web est pourtant déjà omniprésent…

La transformation numérique va bien plus loin que le web, qui repose sur un système prédéfini: la même question entraînera toujours la même réponse. L’accumulation de données nous fait à présent entrer dans le monde du prédictif, qui s’oppose à l’ancien modèle déterministe: les algorithmes sont aujourd’hui capables de fournir des réponses à chaque fois différentes, adaptées à la situation.

La transformation numérique va bien plus loin que le web, qui repose sur un système prédéfini: la même question entraînera toujours la même réponse.

Quelle incidence cette révolution a-t-elle sur l’industrie?

Tout passe en mode 4.0: on parle ici d’intelligence artificielle, de machine learning – ces appareils capables d’apprendre, de se corriger seuls et d’assurer leur maintenance eux-mêmes. Toutes les sociétés vont devoir muter. Cela signifie qu’elles vont devoir également maîtriser le domaine des logiciels, lesquels deviennent plus importants et plus stratégiques que la machine ellemême. Or, en Suisse, nous avons un grand retard dans le software! Là réside le problème.