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Salon EPHJ: reporté mais pas annulé

ENTRETIEN

avril 2020


Salon EPHJ: reporté mais pas annulé

Une édition du grand salon de la haute précision sera maintenue en 2020, mais aura lieu en septembre à la place de juin. Nous avons contacté le directeur de l’événement, Alexandre Catton, pour en savoir plus.

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nitialement prévu en juin comme chaque année, le salon EPHJ, qui réunit le meilleur de l’innovation horlogère à Genève, aura finalement lieu en septembre, pour cause de coronavirus. Nous avons posé les questions suivantes - à distance, pandémie oblige - au responsable du salon, Alexandre Catton, afin de bien savoir à quoi l’on peut s’attendre lors de la prochaine édition.

Europa Star: L’édition 2020 du Salon EPHJ se déroulera finalement en septembre prochain. Ce report de trois mois était-il la meilleure solution?

Alexandre Catton: Pour le bien de nos exposants, l’annulation n’a jamais fait partie de nos options. En échangeant avec eux, nous avons eu la confirmation qu’il sera crucial de se montrer et d’aller se confronter aux réalités du marché dès que la crise serait derrière nous. Cela afin que les affaires reprennent mais aussi pour renouer le contact avec les clients.

Etes-vous certain que la crise sera bien derrière nous en septembre?

Personne ne peut aujourd’hui l’affirmer avec certitude. Mais c’est une hypothèse raisonnable. Nous avons bien pris en compte l’intérêt de tous nos exposants et visiteurs, en envisagent l’opportunité de refaire des affaires après un tel choc économique.

Alexandre Catton, directeur de l'EPHJ
Alexandre Catton, directeur de l’EPHJ

C’est ce qui vous a conduit à maintenir, malgré les incertitudes, l’édition en 2020?

Absolument. Renoncer aurait signifié se priver d’avance d’une plate-forme unique au monde, où 20’000 visiteurs professionnels rencontrent 850 exposants. Sans en connaître encore toute l’ampleur, nous savons tous que cette crise aura de lourdes conséquences pour les acteurs suisses et internationaux de la haute précision. Nous devons être solidaires et participer à un redémarrage qui doit être collectif.

«Dépendre d’usines chinoises est un risque que cette crise a parfaitement mis en lumière.»

Cette décision est-elle en phase avec l’état d’esprit des exposants?

Nous avons pris cette décision en tenant compte des remontées du terrain. Nous avons aussi consulté les commentaires des institutions qui représentent nos secteurs de l’horlogerie, de la microtechnique et du médical. En conservant une édition du salon en 2020, nous sommes en phase avec la volonté de tous ces acteurs du domaine de la haute précision, que nous soutenons depuis 20 ans.

Vous avez choisi le report dès la mi-mars, alors que l’EPHJ était programmé mi-juin... Pourquoi?

Il fallait que nous prenions cette décision le plus tôt possible, afin que les exposants puissent s’organiser en conséquence. Même si nous serons peut-être dans un début de reprise en juin, les chefs d’entreprise seront concentrés sur le redémarrage opérationnel de leurs outils de travail et de leur personnel, après une interruption d’un niveau jamais vu.

Comme les exposants ont-ils réagi à ce report?

L’accueil est positif, car la décision de ce report est le résultat d’échanges continus avec les exposants. Le salon EPHJ est dirigé par des hommes de terrain, qui connaissent les attentes et les préoccupations des fournisseurs de l’horlogerie, des microtechnologies et de la medtech. Depuis 20 ans, nous passons une bonne partie de nos journées à échanger avec les industriels qui font vivre ces secteurs. Nous organisons toute l’année des rencontres avec eux.

«Nous devons être solidaires et participer à un redémarrage qui doit être collectif.»

Cependant, il n’a pas dû être facile de trouver une nouvelle date à Palexpo...

Cela a été très difficile. Nous n’avons pas eu réellement de choix. Entre le report de Vitafood et les événements de l’automne, nous n’avions que ce créneau du 15 au 18 septembre disponible avant la fin de l’année. N’oublions pas qu’il faut compter 8 jours de montage et 3 jours de démontage, soit deux semaines d’occupation de Palexpo au total.

Ces nouvelles dates ne permettront peut-être pas aux exposants qui participent à Micronora d’être présents aux deux salons?

Nous terminons notre salon le 18 septembre et Micronora débute le 22 septembre. C’est effectivement un écart très court mais ce n’est pas impossible. Sachant que nous n’avions aucune marge de manœuvre avec le calendrier de Palexpo, il était impossible pour nous de trouver une autre date. Qu’auraient dit nos 750 exposants qui ne vont pas à Micronora si nous avions renoncé à cause de cette proximité des deux dates?

Avez-vous prévu un dispositif spécial pour la centaine d’exposants qui sont inscrits à la fois à l’EPHJ et à Micronora?

Oui. Si ces exposants ne peuvent pas participer cette année, ils bénéficieront d’un report sans frais de leur inscription et des acomptes versés pour l’édition 2021 du salon EPHJ. S’ils ne veulent toutefois pas s’engager pour l’édition 2021, seuls les frais de dossier seront exceptionnellement facturés au lieu de l’intégralité de la somme due en cas d’annulation à cette période. Nous avons aussi adressé un message aux organisateurs de Micronora ouvrant la porte à la mise en place de mesures réciproques. Nous attendons leur réponse.

«Sachant que nous n’avions aucune marge de manœuvre avec le calendrier de Palexpo, il était impossible pour nous de trouver une autre date.»

Quel est votre sentiment sur ce que sera l’état du marché horloger post-crise?

Ce secteur a déjà démontré sa résilience à plusieurs occasions. Les compétences et les talents ne vont pas disparaître, de même que l’attrait pour les belles montres. Les cantons et la confédération suisse débloquent d’importants moyens pour venir en aide à ces PME sans qui l’horlogerie n’existerait pas. Préparons-nous à cette sortie de crise. Anticipons ce moment où les ateliers rouvriront leurs portes, où les machines redémarreront et où il s’agira de reprendre contact avec les clients et les prospects eux-mêmes durement secoués par la crise sanitaire et économique. D’où l’importance que nous anticipions cette reprise pour mettre tous nos efforts en commun. Dans ce contexte, le salon EPHJ a son rôle à jouer.

Quelle leçons peut-on déjà tirer de cette crise?

Nous sommes en phase avec les propos du Président de la Fédération horlogère suisse qui demande à ce que cette crise soit aussi une opportunité de s’interroger sur la relocalisation en Suisse de certaines productions horlogères. C’est une évidence. Dépendre d’usines chinoises est un risque que cette crise a parfaitement mis en lumière. Le salon EPHJ proposera un vrai débat en septembre à ce sujet entre tous les acteurs concernés.

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