onfrontée aux nouvelles technologies capables toujours plus de remplacer le geste virtuose de l’artiste, Inès Hamaguchi, émailleuse installée dans le Val-de-Travers, a imaginé ce que serait l’atelier du futur: un lieu bardé d’instruments high-tech destinés à «augmenter la main», afin de permettre à l’artisan d’aller au-delà de ses capacités naturelles, de ses limites, tout en préservant sa dextérité et son acuité gestuelle.
Un nouvel environnement de travail où réalité augmentée, intelligence artificielle et interface haptique se mettraient enfin au service de l’art, lui ouvrant des horizons insoupçonnés.
«Il n’a encore jamais été possible de mettre un matériau en forme sans l’artisan, simplement en pressant sur un bouton.»
La technologie permet aujourd’hui de reproduire des opérations jusqu’ici réservées à la seule main humaine: toujours plus perfectionné, le laser est par exemple capable d’effleurer la matière, proposant à l’horlogerie et à la bijouterie des décors «traditionnels», comme le satinage ou le soleillage; associées à des outils de frappe nanométriques, les techniques modernes d’étampage, de leur côté également, sont en mesure d’égaler le travail du guillocheur ou du graveur; l’impression 3D enfin, chaque jour plus performante, est déjà apte à dupliquer n’importe qu’elle forme originale en plastique, en métal, en céramique ou en bois.
«Dans l’histoire de l’artisanat, il n’a encore jamais été possible de mettre un matériau en forme sans l’artisan, simplement en pressant sur un bouton», constate Inès Hamaguchi, désabusée autant que fascinée.


