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Hamilton: la Pulsar de retour, enfin!

PORTRAIT

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mars 2020


Hamilton: la Pulsar de retour, enfin!

Un trop rare signal d’optimisme dans un monde chaotique? A l’heure de réfléchir au «monde d’après» la crise coronavirale, le nouveau modèle PSR, réédition de la Hamilton Pulsar de 1970, incarne précisément ce qui peut différencier la montre suisse de la montre connectée, justement sur un affichage digital: le caractère. Après tout, c’est l’une des montres disruptives qui fait le plus consensus depuis 50 ans!

L’

affichage digital a la cote depuis cinq ans et l’émergence de la montre connectée. Il n’était que temps d’honorer la pionnière du genre, la Pulsar lancée par Hamilton en 1970, la «première montre numérique». Pas connectée bien sûr. Mais elle se suffit à elle-même, hier comme aujourd’hui, avec ses chiffres rouges qui restent gravés longtemps en mémoire… Une fois qu’on l’a vue, impossible de s’en débarrasser. Elle a ce côté magnétique – au bon sens du terme, pas besoin de silicium pour en atténuer les effets!

Modèle Hamilton Pulsar original de 1970, avec boîtier coussin et bracelet en or jaune 18 carats. Son prix de 2'100 dollars correspondait, à l'époque, à celui d'une voiture familiale.
Modèle Hamilton Pulsar original de 1970, avec boîtier coussin et bracelet en or jaune 18 carats. Son prix de 2’100 dollars correspondait, à l’époque, à celui d’une voiture familiale.

Hamilton PSR, réédition de 2020. Le modèle PVD jaune limité à 1970 exemplaires coûte 995 CHF et le modèle non limité en acier 745 CHF. Tous deux seront disponibles dès mai 2020.
Hamilton PSR, réédition de 2020. Le modèle PVD jaune limité à 1970 exemplaires coûte 995 CHF et le modèle non limité en acier 745 CHF. Tous deux seront disponibles dès mai 2020.
Plus d’informations sur la Hamilton PSR

Aujourd’hui, le modèle incarne précisément ce qui peut différencier la montre suisse de la montre connectée, justement sur un affichage digital: le caractère. On peut se demander pourquoi elle n’a pas été rééditée plus tôt, alors que les modèles Casio à affichage numérique s’arrachent déjà auprès de la génération milléniale hipstérisée et friande de rétro-futurisme, «quand on croyait encore à un monde meilleur». La Hamilton Pulsar est l’incarnation même de la croyance dans le progrès, l’innovation, la révolution, la technologie – un instantané d’une époque de libération, bien loin des carcans que l’on retrouve aujourd’hui, jusqu’à être confiné chez soi!

«Cette période délicate exige de tous une remise en question.»

Malgré son sex-appeal, la Pulsar n’a pas forcément porté chance à Hamilton dans les années 1970, une décennie de «destruction créative» pour toute l’horlogerie, en pleine révolution du quartz. Comme beaucoup de pionniers, elle n’a pas eu la longévité qu’elle aurait pourtant mérité. Hamilton a fini par être progressivement transférée en Suisse, au sein de la SSIH (ancêtre du Swatch Group) et la marque Pulsar a été rachetée par le groupe japonais Seiko (qui en a refait un modèle... analogique). La petite merveille à écran LED de Lancaster (Pennsylvanie), sans doute trop intelligente trop tôt, est restée malgré tout ancrée dans le cœur de bien des collectionneurs.

Sylvain Dolla, directeur général de Hamilton
Sylvain Dolla, directeur général de Hamilton

Pour les cinquante ans du modèle, la marque «américano-suisse» Hamilton a enfin lancé une réédition, une montre quartz qui s’appelle PSR (la terminologie Pulsar étant toujours détenue par Seiko). Le design, se basant sur la Hamilton Pulsar P2, est très fidèle à l’originale – heureusement, car un «délire créatif» aurait été particulièrement malvenu! Et une technologie moderne et hybride d’affichage (après tout, le Swatch Group demeure un groupe avant tout industriel, espérons qu’il garde cet esprit pour longtemps) permet de pallier le gros défaut du modèle des années 1970: son autonomie.

Le lancement de la Hamilton Pulsar relayé par Europa Star en 1970. Cinquante ans plus tard, c'est la renaissance du modèle!
Le lancement de la Hamilton Pulsar relayé par Europa Star en 1970. Cinquante ans plus tard, c’est la renaissance du modèle!

Nous nous sommes entretenus avec le directeur général de Hamilton, Sylvain Dolla, qui possède justement une longue expérience en innovation technologique (il a auparavant oeuvré chez Alcatel puis en tant que responsable High Tech & Access au sein de la marque Swatch), pour comprendre tous les aspects de cette relance majeure, qui devrait inspirer tout l’écosystème horloger.

Europa Star: Quel a été le destin de la Pulsar entre sa naissance en 1970 et sa renaissance en 2020?

Sylvain Dolla: Une révolution. C’est simple, si vous tapez aujourd’hui «histoire de la montre connectée» sur un moteur de recherche, vous tombez tout de suite sur la Hamilton Pulsar. C’était la première montre électronique «intelligente». Elle a séduit ceux qui étaient à l’avant-garde dans les années 1970: Elton John, Joe Frazier, Elvis Presley, Keith Richards.... Le lancement s’est fait en fanfare. Quelques années plus tard, des concurrents asiatiques ont démocratisé l’affichage digital via l’écran LCD, beaucoup moins cher. Cette innovation est devenue beaucoup plus commune. Mais la Pulsar reste la première! D’ailleurs, vous retrouvez un modèle en plein milieu du musée de l’ordinateur de la Silicon Valley, c’est dire son impact…

«Si vous tapez aujourd’hui «histoire de la montre connectée» sur un moteur de recherche, vous tombez tout de suite sur la Hamilton Pulsar. C’était la première montre électronique intelligente.»

Justement, avez-vous impliqué des acteurs du lancement de 1970 dans cette relance?

Après avoir pris la décision de cette relance il y a deux ans, nous avons immédiatement pris contact avec le National Watch and Clock Museum en Pennsylvanie, dont nous sommes partenaires (sur le lieu de naissance de Hamilton en 1892, ndlr). Mais ceux qui ont été les plus enthousiastes à nous soutenir dans notre démarche ont été les collectionneurs et passionnés de Pulsar dans le monde entier. Moi-même, je dois dire que c’est la seule montre non mécanique que j’aime vraiment porter…

Qu’est-ce qui a motivé cette relance maintenant? La vague du «vintage»?

Non, cela s’est décidé complètement dans l’émotion: on peut aussi travailler sur des coups de cœur! Le plus gros défi, une fois la décision prise, a été de concevoir une technologie d’affichage en Suisse. Nous sommes allés voir nos collègues de l’Asulab. Cela a débouché sur un nouveau système d’affichage hybride, combinant une technologie «réflective» LCD (à cristaux liquides) et «émissive» OLED (à diodes organiques électroluminescentes), qui fonctionne dans l’obscurité. Le tout est très peu gourmand en énergie. Résultat: nous garantissons une autonomie de cinq ans, quand le modèle d’origine devait être ramené en boutique après six mois d’utilisation…

Au niveau du design en revanche, très peu de modifications…

Comme pour un autre de nos modèles, la Ventura (l’une des premières montres électriques lancée en 1957, ndlr), le design de la Pulsar était «juste» dès le début. Pourquoi dénaturer la montre? Une glace en saphir remplace la glace synthétique, mais le design général est le même.

«Nous garantissons une autonomie de cinq ans, quand le modèle d’origine devait être ramené en boutique après six mois d’utilisation…»

Comment allez-vous distribuer ce modèle?

Nous produisons 1970 éditions limitées en PVD jaune. La version acier sans traitement PVD n’est quant à elle pas limitée. L’édition limitée sera disponible sur notre site de e-commerce et dans une sélection de points de vente, dans la limite des stocks disponibles. Coronavirus ou pas, notre stratégie est de travailler avec les meilleurs détaillants. Mais cette période délicate exige de tous une remise en question. Et notre priorité, aujourd’hui comme demain, restera de concevoir des montres de caractère, qui titillent tous ceux qui ont un penchant pour l’horlogerie…

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