REPORTAGE: L'HORLOGERIE AU JAPON


Dans la plus grande usine de mouvements du monde

REPORTAGE

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juillet 2019


Dans la plus grande usine de mouvements du monde

Un calibre quartz est produit chaque seconde au sein de l’usine de Saku opérée par Miyota. Le motoriste du groupe Citizen équipe pléthore de marques horlogères d’entrée de gamme dans le monde. Visite de cette infrastructure qui pousse très loin le concept de fusion entre l’homme et la machine.

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epuis la baie vitrée, les lignes d’assemblage, d’une longueur de 50 à 150 mètres pour les plus longues, se comptent par dizaines. On s’y attendait, certes, en venant visiter cette usine de Miyota inaugurée il y a trois ans seulement. Mais ce qui frappe surtout au premier regard, c’est le nombre très limité d’employés qui s’affairent autour des chaînes, avec un masque de travail qui les fait se fondre dans ce paysage industriel. «Un à deux opérateurs suffisent à gérer une ligne de production», nous explique-t-on.

Ce qui frappe surtout au premier regard, c’est le nombre très limité d’employés qui s’affairent autour des chaînes.

Un ou deux opérateurs suffisent pour gérer une chaîne de montage de 50 mètres de long dans cette usine de Miyota.
Un ou deux opérateurs suffisent pour gérer une chaîne de montage de 50 mètres de long dans cette usine de Miyota.

La seule opération qui se fait encore à la force humaine ici, c’est le passage des composants d’une halle à l’autre. Mais plus pour longtemps: l’automatisation des transferts entre les quatre salles de production est en cours, via des tapis roulants. La boucle robotique sera alors bouclée…

Un mouvement par seconde

Lancée en 1959, la fabrique de mouvements du groupe Citizen produit aujourd’hui quelque 100 millions de calibres par an dans ses différentes usines, dont plus de 95% de calibres quartz. Celle de Saku, dans la province de Nagano, est la plus importante installation du groupe.

Vue aérienne de l'usine d'assemblage de Miyota à Saku, dans la province de Nagano.
Vue aérienne de l’usine d’assemblage de Miyota à Saku, dans la province de Nagano.

Ce bâtiment circulaire d’une superficie de 83’000 m2 a été ouvert en 2016. Tournant en permanence avec un peu plus de 200 employés qui se relaient, sa cadence de production est d’un mouvement… chaque seconde.

Miyota livre aujourd’hui tant des tiers que la marque Citizen, pour environ 20% de la production totale. Contrairement à ETA, Miyota n’a pas mis en place de restriction de ses livraisons, y compris à destination de marques qui peuvent concurrencer Citizen. En réalité, tous les mouvements sont vendus à des intermédiaires qui, ensuite, les livrent à leurs propres clients.

Tout est fait à l’interne

Les capacités de production de Miyota, résultat d’une automatisation toujours plus importante, lui permettent de rester compétitif – même si la demande mondiale de calibres quartz est en baisse et que la concurrence chinoise est féroce. La «vache à lait» de la société est le Super 2035, vendu pour moins de 10 dollars.

A Saku, on assemble sur quelque 55 chaînes à grande vitesse des composants venus de tout le Japon. Le groupe Citizen est très intégré, puisqu’il est aussi un acteur important dans la fabrication de machines-outils et CNC, qu’il livre à l’international. Même l’huile utilisée dans les machines est un produit «maison»!

La «vache à lait» de la société est le Super 2035, vendu pour moins de 10 dollars.

Dernière innovation, une détection informatique des problèmes et des défauts a été mise en place sur les lignes d’assemblage: à intervalles réguliers, une alarme retentit et des composants sont écartés sur un chemin distinct. Un pas de plus vers l’automatisation: dans l’usine, le nouveau mot-clé est Internet of Things.

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