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De l’horlogerie aux technologies médicales



De l'horlogerie aux technologies médicales
A

lors que l’on désigne souvent le rendez-vous annuel des professionnels de l’industrie comme l’«EPHJ» (pour Environnement Professionnel Horlogerie Joaillerie) par commodité de langage, l’une des trois branches du salon EPHJ-EPMT-SMT semble être particulièrement observée cette année: celle des technologies médicales ou SMT (lire à ce propos l’interview d’Alexandre Catton en page 27).

Les changements profonds à l’œuvre dans le secteur horloger n’y sont pas étrangers: le rétrécissement de ce marché s’impose avec dureté aux acteurs de la sous-traitance. Les géants de la branche acceptent de débourser des sommes colossales pour sauver leurs marques en rachetant massivement les stocks d’invendus et en finançant des boutiques tournant à petit régime; mais leur manne ne s’étend bien évidemment pas à leurs fournisseurs...

Les processus mêmes de fonctionnement de la branche ont bien changé, avec la concentration des compétences au sein des manufactures elles-mêmes, entraînant donc un rétrécissement structurel autant que conjoncturel du marché pour les fournisseurs. Nul ne doute que la reprise est en vue, mais sans doute pas avec autant de promesses ni dans la même configuration qu’auparavant. Alors, de même que les détaillants se tournent de plus en plus vers la bijouterie – promesse de marges plus élevées, de liberté retrouvée et de... respirer un peu – les fournisseurs scrutent de leur côté avec intérêt et envie le médical.

Quelques chiffres montrent la force de cette activité qui, comme l’horlogerie, trouve l’un de ses pôles mondiaux entre Arc lémanique et Arc jurassien. Avec un chiffre d’affaires de plus de 14 milliards de francs, elle commence à tenir la dragée haute à l’activité horlogère. Comptant les Etats-Unis et l’Allemagne comme premiers marchés, elle est moins sensible aux mutations drastiques d’un pays au fonctionnement pyramidal comme la Chine, où un mouvement de la tête au sommet secoue toute la nation avec vigueur.

Surtout, on sent dans cette activité une dynamique et un état d’esprit qui rappellent ceux des années dorées de l’horlogerie conquérante. Les dépenses en recherche et développement se chiffrent en centaines de millions de francs chaque année dans la région, qui accueille sans cesse de nouveaux acteurs. Rappelons que La Suisse compte la plus importante proportion de salariés dans le secteur medtech de toute l’Europe.

De quoi attirer des fournisseurs horlogers dont l’expertise microtechnique et le travail de précision sous des contraintes normatives fortes sont reconnues. L’entreprise biennoise Cendres + Métaux, championne des implants dentaires et qui lance parallèlement un nouveau mouvement horloger, en est un très bon exemple, tout comme le groupe Acrotec, dont les activités nombreuses sont bien détaillées dans ce numéro. On semble se diriger toujours plus vers un tissu industriel suisse composé de groupes à la taille critique et aux compétences multiples, actives tant dans l’industrie horlogère que médicale, et d’autres encore. Pour résister aux reculs qui peuvent affecter tantôt la Watch Valley, tantôt la Health Valley, dont le salon se veut le «premier ambassadeur». Alors, parlera-t-on un jour d’abord de salon «SMT», par commodité de langage? C’est à voir!