L’horlogerie indépendante


Kari Voutilainen au sommet de son art

PORTRAIT

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juillet 2021


Kari Voutilainen au sommet de son art

Que de chemin parcouru par Kari Voutilainen depuis le sud de la Laponie, où il est né et a grandi, jusqu’au vertigineux nid d’aigle surnommé «Le Chapeau de Napoléon», où le maître-horloger finlandais vient d’implanter ses nouveaux ateliers. De là, perché au sommet d’un vertical pan de montagne, il domine le Val-de-Travers et a une vue plongeante sur Fleurier et ses manufactures – L.U.C de Chopard, Parmigiani, Vaucher Manufacture et, tout au fond, lui faisant presque face, le château au-dessus de Môtiers où Bovet demeure. De quoi être tenté de se prendre pour un «empereur» de la grande horlogerie. Mais ce n’est pas le genre de Kari Voutilainen.

Q

ue de chemin parcouru depuis les bancs d’école où le jeune Kari Voutilainen s’ennuyait, rêvant depuis toujours «d’être indépendant et de simplement faire quelque chose avec mes mains». A 22 ans, il entre à l’école d’horlogerie de Tapiola, dans la banlieue d’Helsinki. C’est une illumination. «Pour la première fois de ma vie j’étais heureux de fréquenter une classe.»

Ce parcours, il nous l’avait raconté en détail en 2006 lorsque nous lui avions rendu visite dans son petit atelier sis alors à Môtiers, à un jet d’arbalète de son nouveau repaire. Un village célèbre pour avoir accueilli le philosophe Jean-Jacques Rousseau en exil, avant de le chasser à coups de pierres.

Kari Voutilainen nous avait reçu à deux pas de la maison de Rousseau dans sa one-man manufacture alors constituée essentiellement d’une immense et lourde table sur laquelle étaient fixés tous ses outils et petites machines, avec lesquels il faisait tout ou presque en solitaire.

En 2006, Kari Voutilainen nous avait reçu dans sa one-man manufacture alors constituée essentiellement d’une immense et lourde table sur laquelle étaient fixés tous ses outils et petites machines.

Kari Voutilainen, hiver 2021
Kari Voutilainen, hiver 2021

Sensation à Bâle 2005

L’année précédente, en 2005, celui qui s’était lancé dans l’indépendance dès 2002 avait fait sensation à Bâle en présentant dans les stands de l’AHCI sa première montre, une répétition minutes unique en son genre car sonnant les heures, les minutes et non pas les quarts, comme il est de coutume, mais... les dizaines! «C’est bien plus simple à l’oreille, nous avait-il expliqué, car nous sommes habitués au système décimal.»

Il était parvenu à cette réalisation en retravaillant l’intégralité d’une ébauche ancienne, reconcevant tout le mouvement et lui apportant une finition manuelle hors norme et un son d’une pureté et d’une vivacité rares, grâce à un boîtier entièrement travaillé à la main par son ami Gideon Levingston à partir d’une mince plaque d’or.

«La forme étant dès lors obtenue manuellement par tension progressive de la matière, le boîtier devient une vraie caisse de résonance, tandis que la méthode industrielle qui part d’un lingot d’or coupe les nerfs de la matière», nous affirmait-il.

 Kari Voutilainen a installé ses ateliers le 1er juin 2021 dans l'ancien hôtel-restaurant du «Chapeau de Napoléon» qui domine le Val-de-Travers.
Kari Voutilainen a installé ses ateliers le 1er juin 2021 dans l’ancien hôtel-restaurant du «Chapeau de Napoléon» qui domine le Val-de-Travers.

Quand s’ouvrent les portes du rêve

Ce coup d’éclat qui a lancé sa carrière n’est pas arrivé tout seul, loin de là. Il est le fruit délicatement mûri d’un long cheminement qui, dès la sortie de l’école, passe par l’apprentissage de la restauration en Finlande, puis bifurque via le WOSTEP, un fameux centre de perfectionnement horloger situé en Suisse, où Kari prend des cours complémentaires sur les complications.

De là, il retournera en Finlande où il s’établira déjà en indépendant, fera beaucoup de rhabillage et «apprendra à s’organiser». Mais une rencontre va changer son destin, celle de Michel Parmigiani, qui se consacre alors essentiellement à la restauration des très belles pièces de la collection Sandoz et veut l’engager.

Une rencontre va changer son destin, celle de Michel Parmigiani, qui se consacre alors essentiellement à la restauration des très belles pièces de la collection Sandoz et veut l’engager.

Là, à Fleurier, s’ouvrent les portes du rêve. «Imaginez, j’ai pu restaurer onze tourbillons exceptionnels, conçus à l’époque pour participer aux Concours d’Observatoire. Des merveilles pour un jeune horloger.»

La montre-bracelet Voutilainen 28SC incarne à la perfection la philosophie de Kari Voutilainen. Le cadran bicolore en argent est guilloché à la main. Les appliques des heures sont en or et leur finition est personnalisable. Édition limitée de 12 montres.
La montre-bracelet Voutilainen 28SC incarne à la perfection la philosophie de Kari Voutilainen. Le cadran bicolore en argent est guilloché à la main. Les appliques des heures sont en or et leur finition est personnalisable. Édition limitée de 12 montres.

Surtout, il va y rencontrer celui qui deviendra son Maître, Charles Meylan, un homme qui avait fait l’école d’horlogerie dans les années 1930 et qui, à sa retraite, est devenu le premier horloger des ateliers de Michel Parmigiani. «Il m’a ouvert toutes les portes, confié tous les secrets, transmis énormément de connaissances si bien que je me suis peu à peu senti pleinement à l’aise avec les montres les plus compliquées, parvenant à façonner avec aisance toutes les pièces, les roues, les ressorts et travaillant avec tous les moyens les plus traditionnels.»

Il va rester près de dix ans dans l’atelier de Michel Parmigiani qui commence à créer ses propres montres et à lancer sa marque. En 1999, le WOSTEP demande à son ancien élève d’y revenir, mais cette fois pour y enseigner à son tour les montres compliquées. Ce qu’il va faire jusqu’en 2002, date à laquelle, se sentant enfin pleinement prêt, il se lance et crée sa propre marque. Il devient enfin indépendant, comme il le rêvait depuis toujours.

Kari Voutilainen

Une véritable manufacture, totalement libre

Debout sur sa terrasse escarpée du «Chapeau de Napoléon», devant le bâtiment couvert de fenêtres – un ancien hôtel-restaurant – que la lumière inonde de partout, face à l’immense et bucolique paysage qui s’ouvre devant lui, il arbore le doux sourire qui caractérise cet homme affable, timide, d’une gentillesse à toute épreuve. Il pourrait gonfler les muscles mais ce n’est pas son genre. S’il s’est installé dans ce nid d’aigle, ce n’est pas pour asseoir avec orgueil son statut présent mais pour se rapprocher encore plus de sa propre horlogerie, pour changer de dynamique en regroupant en un seul lieu magique l’essentiel de ses activités.

Car désormais, en quasi vingt ans d’indépendance, Kari Voutilainen est devenu un des noms-phares de la grande horlogerie contemporaine. Il n’est de loin plus une one-man manufacture mais travaille directement avec 26 collaborateurs et est coactionnaire depuis sept ans de Comblémine SA, 13 collaborateurs, qui élabore et produit tous ses cadrans. Avec cette équipe, il a produit 64 montres l’année dernière.

Le mécanisme élégant et solide de la 28SC a été entièrement conçu, construit, produit, fini et assemblé dans les ateliers de Voutilainen.
Le mécanisme élégant et solide de la 28SC a été entièrement conçu, construit, produit, fini et assemblé dans les ateliers de Voutilainen.

Chez Kari Voutilainen, on fait tout ou presque, sauf les pierres, le ressort de barillet, le spiral (Moser) et le saphir. On y dessine, construit, fabrique tous les composants des mouvements, échappements, platines, ponts, roues, pignons, goupilles (16’000 composants usinés l’année dernière). On y décore à perfection, on monte les mouvements, on règle, on contrôle, on communique, on vend. Une véritable manufacture totalement indépendante.

Debout sur sa terrasse escarpée du «Chapeau de Napoléon», face à l’immense et bucolique paysage qui s’ouvre devant lui, il arbore le doux sourire qui caractérise cet homme affable, timide, d’une gentillesse à toute épreuve.

 Kari Voutilainen set up shop in the former « Chapeau de Napoléon » hotel-restaurant overlooking the Val-de-Travers on 1 June 2021.

«Beaucoup d’efforts mais la liberté n’a pas de prix»

«Quand on fait tout soi-même, c’est beaucoup d’efforts, résume Kari. On prend aussi un risque social que d’autres délèguent à leurs fournisseurs. Mais ça offre d’immenses avantages: sur la qualité et sa constance, sur les éternels problèmes de délais, sur la cohérence des flux de production. On travaille en proximité, en communication directe et permanente entre tous les acteurs. On y gagne en liberté. Et pour tout ça, il n’y a pas de prix.»

Il prend un exemple: «Quand nous produisons un composant, les techniciens vont discuter aussitôt avec tous ceux que ça concerne. Peut-on le décorer correctement, pourra-t-on le monter facilement, comment le lavera-t-on, le répertoria-t-on, le stockera-t-on?»

Au final, grâce à cette cohérence interne, à cette proximité et à cet autocontrôle conduit à 100%, à cette responsabilisation aussi qui englobe tout le monde, au fait également de produire son propre échappement, «grâce à ce fonctionnement avec des gens tous profondément motivés, nous n’avons vraiment que très rarement des problèmes de service après-vente», affirme Kari.

L'un des plus fameux artistes de laque au monde est le japonais Tatsuo Kitamura. Il crée des oeuvres d'art composées de laque qui se hissent au sommet de la tradition japonaise. Le chef d'œuvre représenté ici utilise des techniques de laquage qui nécessitent bien plus de mille heures de travail pour fabriquer le cadran de ce modèle Green Garden.
L’un des plus fameux artistes de laque au monde est le japonais Tatsuo Kitamura. Il crée des oeuvres d’art composées de laque qui se hissent au sommet de la tradition japonaise. Le chef d’œuvre représenté ici utilise des techniques de laquage qui nécessitent bien plus de mille heures de travail pour fabriquer le cadran de ce modèle Green Garden.

«Plutôt ralentir que monter en puissance»

Aller se nicher physiquement au sommet de la montagne n’est pas histoire d’augmenter la cadence et de monter en production mais bien au contraire de respirer un air qui s’est raréfié. Comme le résume Kari, en ce moment, il faut «plutôt ralentir qu’accélérer». Accélérer pourrait pourtant offrir une pente tentante, car en ces temps la demande, comme dynamisée par la pandémie, a augmenté. Mais elle a aussi changé de visage.

«Les professionnels achètent beaucoup moins, les privés beaucoup plus», explique l’horloger qui a écoulé 64 montres en 2020, sa «meilleure année en tant qu’indépendant». Les sollicitations affluent, beaucoup de sites naissent ou se consolident en cherchant à vendre de belles montres, de l’exclusif. «J’ai tout refusé, à commencer simplement parce que des montres, je n’en n’avais pas ou plus.» Le carnet de commandes de l’horloger est déjà bouclé à 100% pour 2021, idem pour 2022 et 2023 est déjà bien rempli.

«Mieux vaut aussi ralentir car nous avons conçu de nouveaux calibres qu’il s’agit d’éprouver dans le temps. Et attention à ne pas trop en faire. Par ailleurs, nous créons beaucoup de pièces uniques ou de toutes petites séries. De plus, et j’y tiens, nous n’avons pas de département commercial. Je suis mon propre vendeur. Je m’occupe des clients en direct jusqu’à la livraison. Je fais même la facturation!», dit-il en riant.

«Nous n’avons pas de département commercial. Je suis mon propre vendeur. Je m’occupe des clients en direct jusqu’à la livraison. Je fais même la facturation!»

Kari Voutilainen

Quand les petits donnent des leçons aux grands

Aussi retenu qu’il puisse paraître, Kari Voutilainen diffuse sa production essentiellement en direct car il aime beaucoup rencontrer les clients, «qui viennent de tant d’horizons différents. Mon secret? Je ne pousse jamais à la vente. Aux expositions, je suis souvent tout seul. Les gens sont parfois étonnés que ce soit moi en personne qui les reçoive. Mes clients? Pour la plupart des gens très cultivés, discrets, qui n’ont pas besoin d’une montre pour se montrer. Mes modèles s’adressent aux connaisseurs.»

Depuis cinq ans déjà, donc bien avant la pandémie, tout a viré: «Étonnamment, de plus en plus de jeunes s’intéressent à la véritable horlogerie. Je reçois nombre de demandes et de sollicitations de personnes de moins de 30 ans. C’est une très bonne nouvelle. Grâce à internet et à la communication directe que cela permet, nos interlocuteurs nous suivent pas à pas, au fur et à mesure de l’élaboration de leur montre, et gagnent ainsi en confiance.»

A ses yeux, l’éducation horlogère de plus en plus fine entretenue par les publications, les sites, les forums, les blogs, les divers canaux, fait que «le public réalise la différence fondamentale entre l’industriel et l’artisanal. Celui qui sait se dirige vers les indépendants.»

«Les professionnels achètent beaucoup moins, les privés beaucoup plus. Je reçois nombre de demandes et de sollicitations de personnes de moins de 30 ans. C’est une très bonne nouvelle.»

Le calibre de la Green Garden, une pièce unique
Le calibre de la Green Garden, une pièce unique

«Tout commence avec la formation»

Sans doute n’est-ce pas un hasard car pour Kari Voutilainen, et plus largement pour les horlogers indépendants, «tout commence avec la formation. Sans formation et transmission, il n’y aurait plus rien, rappelle celui qui a formé nombre de jeunes horlogers à l’art des complications au WOSTEP. Or, les grosses boîtes n’ont plus besoin de gens exceptionnels. Être qualifié et certifié leur suffit. Mais pour transmettre le véritable savoir, les petits secrets qui font l’essence du métier, les écoles sont nécessaires. Or, elles sont négligées.»

Pour appuyer ses propos, Kari Voutilainen donne un exemple, celui de l’école d’horlogerie du Locle. «Elle a produit un film sur sa formation mais l’État a interdit sa diffusion. Pourquoi? Parce que d’un côté l’État pousse vers le seul apprentissage pour faire des économies et de l’autre l’industrie tire vers le bas. Elle n’a plus besoin d’horlogers complets, mais d’opérateurs. Si ça suffit pour faire tourner les machines, c’est insuffisant pour que l’horlogerie perdure dans son exigence. Telle qu’elle pratique le métier actuellement, l’industrie peut faire la même horlogerie partout dans le monde.»

L’acier du futur

Ces propos sans concession, Kari Voutilainen les applique concrètement. Et du même coup donne une leçon. La transmission des savoirs et des pratiques traditionnelles, accumulés au cours de siècles, est là non pas pour reproduire le passé mais pour nourrir le présent. Avant que l’on parle de «départements R&D», distincts de l’atelier, la recherche pratique, intuitive a toujours été au cœur de l’évolution de l’horlogerie. Et a construit son futur.

Une des principales innovations de la Voutilainen 28SC réside dans la matière utilisée pour la boîte: l'acier AISI 316L nuance 4441. C'est un acier fondu à l'énergie solaire qui est 100% recyclé et recyclable, ce qui réduit considérablement l'empreinte carbone. Il est durable, responsable, propre et écologique. Cet acier très homogène est hautement qualitatif et son aspect est remarquable après polissage.
Une des principales innovations de la Voutilainen 28SC réside dans la matière utilisée pour la boîte: l’acier AISI 316L nuance 4441. C’est un acier fondu à l’énergie solaire qui est 100% recyclé et recyclable, ce qui réduit considérablement l’empreinte carbone. Il est durable, responsable, propre et écologique. Cet acier très homogène est hautement qualitatif et son aspect est remarquable après polissage.

La dernière série limitée de Kari Voutilainen, la Voutilainen 28SC-SB, le démontre parfaitement. Fourni par la société Panatere, l’acier de sa boîte est intégralement recyclé et recyclable, qui plus est fondu dans un four à énergie solaire. Un acier, donc, qui non seulement réduit très fortement son empreinte carbone, mais est aussi très homogène et qualitatif, particulièrement «remarquable après polissage», respectueux, durable.

Aux yeux de Kari Voutilainen et de Raphaël Broye, le directeur de Panatere (lire son interview), «cet acier inédit sera une véritable révolution pour le marché des matières premières. C’est tout simplement l’acier du futur.»

A titre initial, la toute première barre produite a été réservée à l’usinage des douze premières boîtes en acier AISI 316L, nuance 4441, de la série des Voutilainen 28SC-SB. Une façon de célébrer ses 20 ans d’indépendance. Et désormais, petites séries et pièces uniques seront produites dans cet acier révolutionnaire.

 Kari Voutilainen set up shop in the former « Chapeau de Napoléon » hotel-restaurant overlooking the Val-de-Travers on 1 June 2021.

L’élégance de la parole et du geste

Comme dans tout ce qu’il entreprend, Kari Voutilainen cherche à aller graduellement au plus vrai, au plus précis, au plus soigné et au plus sobre aussi de l’horlogerie. Le mouvement Vingt-8 qui anime cette série est équipé d’un échappement à deux roues, extérieur à courbe Philips et intérieur à courbe Grossmann, qui donnent une impulsion directe au balancier, apportant efficacité, gain d’énergie, de longévité et de stabilité.

A cette efficacité technique s’ajoutent des finitions de haut vol que sauront reconnaître les spécialistes, loupe vissée à l’oeil: surfaces de pignons et roues totalement plates et polies à de très strictes tolérances, finition platine et ponts à la main, vis et toutes surfaces acier finies et polies main.

Les matières premières utilisées pour la réalisation du cadran de la Green Garden sont le Kinpun (poussière d'or), le Jyunkin-itakane (feuille d'or), le Yakou-gai (coquillage vert en forme de turban) et l'Awabi-gai (coquillage d'ormeau de Nouvelle-Zélande).
Les matières premières utilisées pour la réalisation du cadran de la Green Garden sont le Kinpun (poussière d’or), le Jyunkin-itakane (feuille d’or), le Yakou-gai (coquillage vert en forme de turban) et l’Awabi-gai (coquillage d’ormeau de Nouvelle-Zélande).

Depuis quelques années déjà, Kari Voutilainen s’est fait remarquer pour la beauté et l’élégance de ses cadrans, notamment la subtilité de leurs guillochages et la finesse de leurs accords colorimétriques. Sans parler – mais regarder parlera de soi – de l’exemplaire subtilité poétique d’un cadran unique, Green Garden, qui a l’élégance d’un haïku. Un haïku venu de Finlande.

LES HUIT GRAND PRIX D’HORLOGERIE DE GENÈVE (GPHG) REMPORTÉS PAR KARI VOUTILAINEN

Observatoire - Prix de la Montre Homme 2007
Observatoire - Prix de la Montre Homme 2007

V-8R power reserve - Prix de la Montre Homme 2013
V-8R power reserve - Prix de la Montre Homme 2013

Hisui - Prix de la Montre Métiers d'Art 2014
Hisui - Prix de la Montre Métiers d’Art 2014

GMR - Prix de la Montre Homme 2015
GMR - Prix de la Montre Homme 2015

Aki No Kure - Prix de la Montre Métiers d'Art 2017
Aki No Kure - Prix de la Montre Métiers d’Art 2017

28ti - Prix de la Montre Homme 2019
28ti - Prix de la Montre Homme 2019

Starry Night Vine - Prix de la Montre Métiers d'Art 2019
Starry Night Vine - Prix de la Montre Métiers d’Art 2019

 28SC - Prix de la Montre Homme 2020
28SC - Prix de la Montre Homme 2020

Kari Voutilainen au sommet de son art