C’
est l’une des nouvelles marques les plus en vue dans le secteur horloger - d’autant plus qu’elle opère sur un segment plus «grand public» que nombre d’autres nouveaux venus sur la scène horlogère faisant le choix de l’exclusivité. C’est justement le constat qu’ il manquait d’acteurs indépendants dans la montre mécanique suisse en-dessous de 5’000 CHF qui est à l’origine de l’aventure Norqain.
Mais les acteurs de cette marque familiale sont en revanche loin d’être novices en horlogerie - car les Küffer, qui détiennent la majorité de la société, constituent une véritable «famille horlogère» établie à Nidau: Ben Küffer, qui a travaillé douze ans chez Breitling, en est le fondateur et CEO, son père, qui a dirigé durant plusieurs décennies Roventa-Henex, en est le président, son frère dirige les ventes chez Norqain, sa soeur est directrice marketing et son épouse responsable du merchandising!
Ted Schneider, un membre de la famille Schneider, ancienne propriétaire de Breitling, est également étroitement lié à la naissance et l’éclosion de Norqain, tout comme plusieurs sportifs de renom: Mark Streit, Roman Josi ou encore Tina Weirather. Car Norqain est tout entière tournée vers le sport, l’outdoor, la montagne, une forme de «suissitude» active à l’international dans un esprit décontracté. Sans oublier un conseiller stratégique de choix: Jean-Claude Biver. Nous avons rencontré Ben Küffer.
Europa Star: Vous êtes issu d’une famille d’horlogers. Quel à été votre parcours?
Ben Küffer: Mon grand-père était dans l’horlogerie, il travaillait les verres saphir et les aiguilles. Mon père a quant à lui commencé comme stagiaire chez le Roventa-Henex à Tavannes (grande entreprise du private label, ndlr), il en est devenu le CEO à 35 ans puis le copropriétaire à 40 ans, à la suite d’un management buyout. Il a été un excellent modèle pour nous et nous a transmis sa passion des montres mécaniques. C’est cette passion qui est aujourd’hui le moteur de notre marque.
Parmi ceux qui ont cru dès le début dans l’aventure Norqain figure la famille Schneider, les anciens propriétaires de Breitling…
Et là aussi, c’est une longue histoire! A 18 ans, j’ai commencé par un stage chez Breitling et j’y suis resté pendant 12 ans, jusqu’à la vente de la société par les Schneider en 2017. Je faisais presque partie de la famille, il était donc naturel que je pense à faire autre chose suite à ce rachat. Et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à scruter l’offre le marché horloger, en réalisant qu’il n’y avait presque plus aucune marque indépendante sur le segment des montres mécaniques en-dessous de 5’000 francs.
Notre volonté était dès le départ d’offrir au client un produit de grande qualité face aux augmentations de prix. Mais était-ce encore possible d’y parvenir en tant qu’indépendant? Il y avait une condition sine qua non, c’était d’investir à long terme, sans actionnaires qui cherchent le profit immédiat, car il fallait accepter des marges moins importantes que dans le plus haut de gamme. En octobre 2017, Ted Schneider est venu me rendre visite à Nidau pour prendre de mes nouvelles après que je me sois déchiré les ligaments croisés au football – j’en ai profité pour lui partager mes plans, ceux d’une nouvelle marque indépendante positionnée entre 2’000 et 5’000 francs…
Instantanément – contrairement à beaucoup d’autres personnes que j’avais sondées! Il m’a tout de suite dit qu’il m’aiderait à concrétiser cette idée. Une autre figure-clé de ce projet est le hockeyeur Mark Streit, qui est un ami et un grand collectionneur de montres. Je lui en ai parlé et il m’a dit qu’il effectuerait encore une saison en NHL puis que nous en rediscuterions l’été suivant. Mais il s’est blessé et a dû revenir plus tôt que prévu… Nous avons repris les discussions et il a été convaincu. Dans la foulée il a aussi embarqué un autre hockeyeur de renom, Roman Josi, également intéressé par l’horlogerie. Nous étions réunis, nous étions quatre, nous avions nos réseaux, nos expériences, et nous étions prêts à démarrer cette aventure collective!